APRÈS LA DÉCISION DE LA COUR DE CASSATION, UN BILLET D’HUMEUR DE L’ASAF.

Il aura fallu plus de vingt ans ! Vingt ans d’enquêtes, des centaines d’auditions, des milliers de documents examinés, deux non-lieux et, enfin, la Cour de cassation pour mettre un terme aux accusations infamantes portées contre les militaires français de l’opération Turquoise au Rwanda.
La justice a tranché. Définitivement. Les soldats français ne se sont rendus complices ni de génocide ni de crimes contre l’humanité.
Enfin justice ! Mais que de dégâts entre-temps.
Pendant deux décennies, des militaires qui avaient obéi aux ordres de la République et servi la France dans des circonstances dramatiques ont dû vivre avec le soupçon de crimes parmi les plus abominables. Leur honneur a été mis en cause, leur engagement sali, leur armée bafouée.
Plus grave encore : ils ont été trop souvent laissés seuls.
Car une armée n’agit jamais de sa propre initiative. En démocratie, le soldat exécute la mission que lui confie le pouvoir politique. Or certains de ceux qui avaient décidé, ordonné ou soutenu l’engagement français ont ensuite préféré prendre leurs distances lorsque la polémique enfla. Le courage politique aurait commandé d’assumer les décisions prises et de défendre ceux que la République avait envoyés sur le terrain. Il était sans doute plus confortable de laisser les militaires en première ligne.

Et maintenant ?
Ceux qui, pendant vingt ans, ont accusé, insinué, condamné avant les juges, trouveront-ils aujourd’hui autant de place dans les médias pour reconnaître qu’ils se sont trompés ? Les responsables politiques qui ont laissé prospérer le soupçon auront-ils un mot pour ces soldats ?
On peut toujours rêver d’un mea culpa. Mais il serait déjà temps de rendre aux militaires de Turquoise ce qu’on leur a trop longtemps retiré : « leur honneur et la fierté d’avoir servi dignement la France. »

VAE (2S) Xavier Païtard