Jean-François Le Drian, chef d’entreprise très compétent en économie et relations internationales, n’hésite pas à le qualifier, sur son compte X, « d’abomination intellectuelle, de caricature de recherche scientifique et de tache indélébile sur l’honneur de l’université française ».
Lire l’intégralité du post: https://x.com/JF_LE_DRIAN/status/1914243923318362367?t=N4i9kCNvc4EBulGJX5Q26w&s=03
Il a posté récemment une nouvelle tribune synthétique sur la responsabilité du FPR dans le génocide rwandais, tribune qui remet largement en cause la doxa:
« Pour comprendre les causes du génocide des Tutsis du Rwanda, il est impératif d’examiner les actions criminelles systématiques perpétrées par le Front Patriotique Rwandais (FPR) et son bras armé, l’Armée Patriotique Rwandaise (APR), contre la population civile hutu dès octobre 1990.
Ces événements survenus avant le génocide, souvent occultés, ont joué un rôle crucial dans l’escalade des tensions ayant conduit au génocide de 1994.
Le régime de Kigali rejette ces faits en arguant qu’ils ont été évoqués par des génocidaires devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), ce qui les rendrait par nature fallacieux.
Cet argument est une simplification abusive : la vérité d’un fait ne dépend pas de la personne qui l’énonce, mais de sa correspondance avec la réalité.
Si un génocidaire affirme que le ciel est bleu, cela ne rend pas cette réalité moins vraie.
Le FPR utilise une stratégie rhétorique consistant à qualifier de « révisionnisme » ou d’« idéologie génocidaire » toute analyse mettant en lumière son rôle dans l’engrenage des violences.
Cette disqualification systématique vise à détourner l’attention des faits historiques documentés et saper la thèse défendue notamment par le docteur Alan J. Kuperman selon laquelle le FPR aurait par ses actions, provoqué, en toute connaissance de cause, le génocide des tutsi de l’intérieur qu’il aurait sciemment sacrifiés.
Selon cet universitaire, le FPR anticipait un génocide mais le considérait comme un coût acceptable pour conquérir le pouvoir.
Plusieurs sources, notamment l’acte d’accusation de la justice espagnole, détaillent les exactions de masse attribuées au FPR avant 1994 :
Octobre 1990 – 1991 : Dès le 1er octobre 1990, environ 3 000 combattants de l’APR/FPR, entraînés en Ouganda, envahissent le nord-est du Rwanda, tuant de nombreux civils hutus et provoquant des déplacements massifs de populations (p. 5).
Novembre 1990 – Juillet 1991 : Le FPR adopte une stratégie d’attaques éclair (« hit and run ») depuis l’Ouganda, incluant des actes terroristes ciblant les Hutus.
Une unité secrète, la Directorate Military Intelligence (DMI), planifie des crimes systématiques, visant notamment des intellectuels, leaders et témoins hutus dans des zones comme Kiyombe, Muvumba ou Butaru (p. 5-6).
Juillet 1991 – Août 1993 : Le FPR intensifie ses attaques contre des zones peuplées, visant particulièrement les civils hutus dans des localités telles qu’Umatara, Mukarange ou Kirambo.
Ces massacres, souvent suivis d’incinérations pour effacer les preuves, sont documentés (p. 6).
- Juillet 1991 – Septembre 1992 : Au moins 45 actes terroristes sont recensés, ciblant des lieux publics (marchés, bureaux de poste, transports, hôtels), causant des pertes civiles importantes parmi les Hutus (p. 7).
Février 1993 : Le FPR orchestre des massacres systématiques à Byumba et Ruhengeri, tuant plus de 40 000 civils hutus et déplaçant plus d’un million de personnes.
Les corps sont souvent enterrés ou brûlés pour dissimuler les crimes (p. 7).
Assassinats ciblés : Des leaders hutus, tels qu’Emmanuel Gapyisi (8 mai 1993) et Fidéle Rwambuka (25-26 août 1993), sont éliminés dans une stratégie visant à décapiter l’élite hutu et à semer la terreur (p. 8).
L’acte d’accusation conclut que ces actes s’inscrivaient dans une stratégie délibérée du FPR pour affaiblir la population hutu et conquérir le pouvoir par la force avant 1994.