DANS LES MÉDIAS FRANÇAIS ET FRANCOPHONES, UN DÉBUT D’EXPLICATION…
A bon escient, Nicolas Beau nous rappelle que Paul Kagame a su se montrer généreux avec « Jeune Afrique ».
DANS LES MÉDIAS FRANÇAIS ET FRANCOPHONES, UN DÉBUT D’EXPLICATION…
A bon escient, Nicolas Beau nous rappelle que Paul Kagame a su se montrer généreux avec « Jeune Afrique ».
Décidément, l’anniversaire du génocide fait naître des vocations d’affabulateur… Le capitaine Guillaume Ancel vient de donner une version pour le moins bizarre de l’opération Turquoise. Le général, dans le communiqué ci-dessous, et le colonel Hogard, dans une interview accordée à l’hebdomadaire « Le Point », remettent les faits d’aplomb.
Reçu le : 10/04/14 16:24
De : – MINDEFENSE PARIS
Pour : – AIG 2020
Urgence : Routine
Intéresse :
Exempté :
Objet : MESSAGE AUX ARMEES DU MINISTRE DE LA DEFENSE
Classification : NON PROTEGE
N° d’émetteur : 3294/DEF/CAB DU 10/AVR/14
MCA : TEXTE
Identifiant ACP du message:
RFFAB 0960 1001624
Corps du message:
NMR/3294/DEF/CAB DU 10/AVR/14
OBJ/MESSAGE AUX ARMEES DU MINISTRE DE LA DEFENSE
TXT
L’OPERATION TURQUOISE AU RWANDA – VINGT ANS APRES
RWANDA, 7 Avril 1994 – 7 Avril 2014 : CE QUE LE PRESIDENT NE DIT PAS
Je voudrais m’incliner, ce jour, devant les centaines de milliers de rwandais morts du fait du génocide et des massacres qui l’ont précédé et suivi dans les villes et mille collines du
pays comme hors de ses frontières, sur les routes et forêts congolaises.
Je voudrais respecter un immense silence, un immense cri à entendre en notre décennie.
La veille des cérémonies destinées à célébrer le vingtième anniversaire du génocide, le président rwandais s’est à nouveau lancé dans des accusations d’une rare mauvaise foi contre l’action de la France et de la force Turquoise au Rwanda. La réaction gouvernementale a été immédiate: madame Taubira qui devait représenter la France aux cérémonies, a vu son déplacement sur Kigali annulé.
En France, les réactions et les commentaires se multiplient. Ceux des « blancs menteurs », bien sûr, qui continuent de déverser leurs théories fantasmatiques et battues en brèche depuis longtemps, mais aussi des réactions d’indignation venues d’horizons divers. Nous en retiendrons trois pour l’instant:
Assassinat du président Habyarimana, jeu trouble de Washington, enquête du juge Trévidic : clés de compréhension et d’explication.
Le 6 avril 1994, l’avion transportant deux présidents africains en exercice, MM. Juvénal Habyarimana du Rwanda et Cyprien Ntaryamira du Burundi était abattu par un missile[1]. Aucune enquête internationale ne fut ouverte afin d’identifier les auteurs de cet attentat qui fut le déclencheur du génocide du Rwanda[2]
Le 1er janvier 2014, le colonel Patrick Karegeya a été retrouvé étranglé dans sa chambre d’hôtel en Afrique du Sud où il était réfugié après avoir rompu avec le FPR.
Rappelons que le colonel Karegeya avait été chef des services de renseignements extérieurs rwandais et qu’il faisait partie des instances dirigeantes du Congrès national rwandais, mouvement politique créé par d’anciens hauts cadres du FPR, dont le général Kayumba Nyamwasa, ancien chef d’état-major de l’armée rwandaise.
Rappelons également que le général Kayumba et le colonel Karegeya avaient demandé vainement à être entendus par le juge Trévidic dans l’enquête sur l’attentat qui a causé la mort du Président Habyarimana en avril 1994.
Pour le général Kayumba qui a lui-même été victime de deux tentatives d’assassinat en 2010, les choses sont claires : le coupable est le régime de Kigali.
D’ailleurs, le président Kagame, dans la prière publique de fin d’année, a confirmé presque ouvertement sa responsabilité dans cette affaire en déclarant que Karageya avait trahi le Rwanda et que quiconque serait contre le Rwanda subirait le même sort.
L’enquête officielle n’a pour l’instant rien donné mais les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, soutiens traditionnels de Paul Kagame, ont manifesté clairement leurs interrogations et leur mécontentement.
L’ultime lettre du colonel Karegeya, adressée le 28 décembre 2013, nous a semblé intéressante à publier.
France-Turquoise connaît bien le professeur Bernard Lugan, africaniste reconnu (il est notamment expert auprès du Tribunal international pour le Rwanda et directeur de la revue par internet « L’Afrique Réelle »).
Il a déjà publié plusieurs ouvrages remarqués sur le Rwanda (« Histoire du Rwanda : de la préhistoire à nos jours » en 1997) et sur le génocide (« Rwanda : le génocide, l’Eglise et la démocratie » en 2001, « François Mitterrand, l’armée française et le Rwanda » en 2005, et « Rwanda – Contre-enquête sur le génocide » en 2007), tous caractérisés par leur rigueur et leur indépendance.
Aussi attendions-nous impatiemment son nouveau livre dont la sortie allait concorder avec le vingtième anniversaire du génocide, lequel suscite un regain de littérature pas toujours bien intentionnée à l’égard des soldats de l’opération Turquoise.
Nous n’avons pas été déçus.
Fort de sa qualité d’expert auprès du TPIR qui lui a donné accès à la totalité d’archives incontestables, le professeur Lugan dynamite un certain nombre d’idées que certains pensaient solidement établies en reformulant quelques questions… et en y répondant.
Et c’est ainsi qu’il démontre que le génocide n’était pas programmé, que « l’Akazu n’existait pas, qu’il est hautement invraisemblable de dire que le président Habyarimana fut assassiné par des extrémistes » hutu, ridicule de parler d’un coup d’Etat militaire dans la nuit du 6 au 7 avril 1994 et aberrant d’attribuer une quelconque responsabilité à la France dans ces tragiques évènements.
Tout ce qui constitue l’histoire officielle, écrite par les vainqueurs de la guerre civile rwandaise et relayée par les « blancs menteurs » pour justifier la prise du pouvoir, se trouve remis en cause et ce à partir des jugements rendus par le TPIR créé par le Conseil de sécurité de l’ONU pour juger les responsables du génocide.
Une lecture saine à recommander en ces jours où les contre-vérités ressurgissent de toutes parts.
Michel Fruchard
L’association « Démocraties » a organisé dans les locaux du Sénat un colloque fort intéressant consacré à la tragédie rwandaise.
A défaut d’avoir accès pour l’instant à l’intégralité des interventions, vous pourrez trouver ci-joint une synthèse due à une journaliste de RFI et le texte de l’intervention du général Lafourcade.
A Paris, »le drame rwandais » en débat lors d’un colloque au Sénat (375 KB)
L’environnement géopolitique de l’opération Turquoise (391 KB)
A l’heure où, vingtième anniversaire aidant, les « blancs menteurs » et le régime discrédité de Kigali continuent de plus belle à répandre les vieux mensonges, il est bon de lire le remarquable article du professeur Serge Dupuis qui, s’appuyant sur l’épisode « emblématique » de Bisesero, remet les choses à l’endroit.
Bisesero Serge Dupuis (411 KB)