RWANDA 2015: PLUS ÇA VA, MOINS ÇA VA.

Dans sa chronique politique annuelle, le Professeur Filip Reyntjens, toujours aussi lumineux et percutant, trace un tableau sans complaisance, mais non sans arguments, d’un Rwanda où les masques tombent progressivement et où les tensions intérieures vont croissantes. A lire et à méditer.

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RWANDA : Comment préparer un procès gênant

ou/et Qui ne dit mot consent !

Le 23 juin dernier, un autre rwandais a disparu, dans des conditions devenues hélas assez habituelles au Kenya. Cet ancien enquêteur pour la défense du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (T.P.I.R.) est le dernier en date – the last but not the least – d’une longue série de crimes commis dans le silence de la presse bien-pensante occidentale mais aussi avec le plus grand calme, c’est-à-dire avec l’approbation, des ONG dont nous avons pourtant l’habitude d’entendre la parole haut et fort ….dans certains cas, soigneusement choisis.

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Justifier l’injustifiable par l’injustifiable ?

Par Michel ROBARDEY

RWANDA : justifier l’injustifiable par l’injustifiable ?

Quelles que soient les suites qui lui seront données, que l’individu soit remis ou non à la justice espagnole, l’interpellation de Karenzi Karake à Heathrow samedi dernier ramène en pleine lumière la question qui sous-tend depuis vingt-cinq ans tous les débats, publics ou privés, judiciaires ou médiatiques, sincères ou biaisés, traitant du drame rwandais.

La sous-région des Grands Lacs écrit son histoire en lettres de sang : chefs d’état burundais et rwandais assassinés, alternance de massacres de masse des hutu au Burundi et des tutsi au Rwanda, cadavres charroyés en nombre par la Nyabarango, etc. Si chaque massacre se présente comme une réponse au massacre précédent, on chercherait en vain le premier d’entre eux. On se réfère trop souvent à la révolution rwandaise de 59-60 puisqu’elle a chassé les tutsi du pouvoir, alors que d’autres justifient cette marche libératrice par les excès du pouvoir tutsi et évoquent, entre autres, les trophées génitaux sanglants arrachés aux cadavres encore chauds des roitelets hutu pour décorer le tambour royal du mwami tutsi.

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ARRESTATION À LONDRES DU CHEF DES SERVICES DE RENSEIGNEMENT RWANDAIS.

Le torchon brûlerait-il entre le Rwanda et un de ses plus fidèles soutiens, le Royaume-Uni? On se souvient de la colère soulevée naguère à Kigali par le documentaire diffusé par la BBC sur le génocide. Dans le bref communiqué ci-dessous, la BBC révèle l’arrestation du général Emmanuel Karenzi Karake (dit KK) par la police britannique.
L’affaire n’est pas terminée, mais, d’ores et déjà, on peut saluer l’obstination des juges espagnols, à l’origine de cette arrestation, et le respect de l’indépendance judiciaire par les politiques britanniques et espagnols.
Quoi qu’il en soit, on peut en conclure que les plus solides alliés du régime de Kigali, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, sont en train de prendre leurs distances avec le Rwanda.

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UN NOUVEAU LIVRE DE JEAN-MARIE NDAGIJIMANA

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Octobre 1993. Après une tournée diplomatique en Europe et en Amérique, le président rwandais Juvénal Habyarimana débarque dans la capitale française. Deux mois auparavant, il a signé avec la rébellion du Front Patriotique Rwandais (FPR), les accords de paix d’Arusha qui prévoient la mise en place d’un gouvernement de transition basé sur le partage du pouvoir devant mettre fin à trois années de guerre fratricide. Pour accompagner ce processus, le Conseil de Sécurité de l’ONU vient d’adopter la résolution 872 créant la Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR). Les tractations vont bon train à Kigali, Paris, Bruxelles, New York, Washington, Ottawa, Moscou, Londres, Bonn, et dans toutes les grandes capitales du monde. Jamais le Rwanda n’aura été aussi présent dans les discours des diplomates onusiens. La France, alliée de Kigali depuis le début de la guerre en octobre 1990, constitue, on s’en doute, une étape cruciale dans le périple présidentiel. Le Chef de l’État rwandais espère donc trouver auprès de François Mitterrand une oreille attentive et le soutien diplomatique nécessaire pour déjouer les dernières manœuvres dilatoires du mouvement rebelle déjà aux portes de Kigali.

Jean-Marie Ndagijimana, alors ambassadeur du Rwanda à Paris, plonge le lecteur dans l’ambiance surréaliste de cette mission de la dernière chance, vécue par le président Habyarimana comme un terrible moment de solitude. Ses adieux à François Mitterrand furent en effet marqués par une succession de quiproquos, de non-dits, de surprises, d’espoirs déçus, d’abandons et de souffrances, six mois jour pour jour avant son assassinat et la descente aux enfers du peuple rwandais.

Prix : 20€   ISBN : 978-2-916380-13-1      Éditions la Pagaie

LA RÉGION DES GRANDS LACS EN PROIE AUX QUERELLES D’INVESTITURE.

Le Burundi est en pleine crise: la décision du président Nkurunziza de briguer anticonstitutionnellement un troisième mandat a provoqué des manifestations sanglantes, une tentative de coup d’Etat et des migrations massives vers le Rwanda.

Parallèlement, la question de la succession de Paul Kagame se pose. La constitution rwandaise lui interdit également un troisième mandat, mais on entend des « voix populaires » réclamer son maintien à la tête de l’Etat… On peut s’interroger sur la sincérité de cet « élan » populaire. Quoi qu’il en soit, les Etats-Unis, fidèle allié du président rwandais avant même sa conquête du pouvoir, se sont dits opposés à un éventuel troisième mandat.

Que va-t-il donc se passer? Un observateur averti de la politique rwandaise nous a donné son avis:

Kagame aurait dit il y a quelques semaines qu’il ne se représenterait pas. Personne n’y croit. Il a d’ailleurs dit plus tard que « si le peuple le désirait…. » et depuis les grandes manœuvres se développent.Je ne suis pas sûr que la position des USA ne changera pas , elle aussi, si le peuple rwandais le « désire ». Il pourrait s’agir d’une position toute provisoire destinée à rassurer les opposants au 3° mandat qui faisant confiance aux USA laisseront faire jusqu’à ce que Washington change d’avis au dernier moment…sous la pression démocratique du peuple rwandais…..

On lira avec profit, ci-desssous, les analyses de l’AFP et de France 24.

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PAUL KAGAME ET LA PRESSE.

Reporters sans frontières vient de publier un communiqué très éclairant (pour qui en doutait encore) sur la conception de la démocratie du président rwandais. La BBC vient en effet d’être interdite après la diffusion d’une enquête le mettant notamment en cause…

Dimanche 31 mai, tous les chefs d’Etat d’Afrique de l’Est étaient conviés à Dar es Salaam, la capitale tanzanienne, pour un mini sommet consacré à la crise prolongée au Burundi.  Lire la suite

FRANCE TURQUOISE EN DEUIL

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Notre vice-présidente, Madeleine Raffin, est décédée le 3 juin 2015.
Soutenue par une foi lumineuse, cette petite femme à l’aspect fragile a toujours fait preuve de coeur, de droiture et d’un courage exceptionnel, que ce soit au Rwanda lors des évènements tragiques de 1994 ou, de retour en France, pour clamer la vérité face aux « blancs menteurs ».
Elle laisse un grand vide au sein de l’association et, pour mieux se souvenir d’elle, son livre « Rwanda, un autre regard » paru aux éditions « Les Sources du Nil ».
Lors de ses obsèques, à Toulouse, le 6 juin 2015, le général Lafourcade, notre président, lui a rendu l’hommage suivant.  Lire Eloge funèbre

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ATTENTAT DU 6 AVRIL 1994: LE COLONEL MARCHAL FAIT LE POINT SUR L’ENQUÊTE FRANÇAISE.

Dans un excellent article paru dans le bulletin « Rencontres pour la Paix », le colonel Luc Marchal, qui fut un des témoins privilégiés du drame rwandais, fait le point sur l’enquête française portant sur l’attentat qui déclencha le génocide.
Il en dresse l’itinéraire tortueux à travers les manoeuvres politiques, les manipulations médiatiques et les disparitions de témoins qui font que 21 ans après l’évènement, l’enquête n’a toujours pas abouti!
Mais le colonel Marchal n’a aucun doute: « … l’actuel régime rwandais devra un jour rendre (des) comptes devant la justice internationale ».