LE TRENTIÈME ANNIVERSAIRE DU GENOCIDE AU RWANDA CONTINUE DE SUSCITER DES RÉACTIONS.

On relèvera parmi celles qui visent à rétablir la vérité face aux allégations des « blancs menteurs », l’interview d’Edouard Balladur qui fut Premier ministre à l’époque de l’opération:

On lira également avec intérêt l’article paru dans le numéro 12 de la revue « Fraternité Afrique » sous la plume de Joël Dine

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LE PROFESSEUR BERNARD LUGAN RÉAGIT AUX DÉCLARATIONS DU PRÉSIDENT MACRON A L’OCCASION DU TRENTIÈME ANNIVERSAIRE DU GENOCIDE.

Monsieur le président Macron, en avril 1994, c’était aux 2539 soldats de 

l’ONU commandés par général canadien Roméo Dallaire de s’opposer au 

génocide…Non aux forces françaises qui avaient quitté le Rwanda depuis le 

mois d’octobre 1993… 

Bernard Lugan dimanche 7 avril 2024 

 La seule question qui se pose est en effet celle de la responsabilité de l’ONU. Pourquoi le général Roméo Dallaire qui avait tous les moyens de le faire, ne fit-il rien de sérieux pour empêcher le génocide ? 

Devant le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda), loin du héros 

médiatique,« capitaine courageux » face à l’indicible génocidaire, c’est tout au contraire le portrait d’un homme désemparé qui est ressorti des longues audiences. Ses fautes de commandement, ses atermoiements, ses hésitations, son absence de décision sur le terrain ainsi que ses initiatives politiques aberrantes, et parfois même incohérentes, prises en violation de la chaîne de commandement de l’ONU, font que nous sommes désormais devant l’alternative suivante : 

– Soit le général Dallaire commandant des Forces de la Mission d’assistance des Nations Unies au Rwanda fut dépassé par les évènements. 

– Soit, comme l’a écrit son supérieur, M. Booh-Booh1[1], il avait reçu pour ordre de faire gagner le général Kagamé et le FPR1[2]. 

En application des accords de paix d’Arusha, l’ONU devait en effet garantir la Transition démocratique. La Résolution 872 (1993) du Conseil de Sécurité du 5 octobre 1993 porta ainsi création de la Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR). 

Le chef de cette mission était M. Jacques Roger Booh-Booh, nommé Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU au Rwanda. Il avait sous ses ordres le général canadien Roméo Dallaire qui était le chef militaire de la mission. Or, ce dernier était un officier qui n’avait aucune expérience du commandement opérationnel. De plus, il ne connaissait rien de l’Afrique. 

Après l’attentat du 6 avril 1994, le général Dallaire ne fit rien pour s’opposer à la reprise des hostilités par les forces du général Kagame. 

Alors qu’il se devait de sécuriser au moyen de ses 2539 hommes et de ses blindés, l’axe menant du centre-ville de Kigali à l’aéroport, au lieu de montrer sa force, il la replia tout au contraire dès la nuit du 6 au 7 avril, en commençant par abandonner cet axe vital pourtant sous sa garde et que le FPR coupa… 

 Plus largement, dès la reprise des hostilités, le général Dallaire aurait dû imposer un couvre-feu et déclarer qu’il ferait tirer sur quiconque le violerait. Le général Kagamé aurait alors hésité à lancer son offensive. Avec la compagnie para-commando belge, il disposait d’une excellente unité qui pouvait sans problèmes majeurs remplir une telle mission. Il lui aurait également fallu, avec ses blindés, occuper en ville les points stratégiques dont la tenue aurait freiné l’extension des massacres et des débordements, ce qu’il n’a pas davantage fait. 

Le 7 avril, quand le FPR eut unilatéralement rouvert les hostilités, le général Dallaire ne condamna pas cette violation gravissime des accords d’Arusha. Encore plus insolite, au lieu d’agir sur la partie qui avait déclenché la reprise de la guerre, il somma au contraire les forces gouvernementales de rester dans le cadre des Accords d’Arusha, leur interdisant de fait de simplement se défendre.
 Les manquements du général Dallaire qui présida au plus grand échec militaire de l’ONU depuis sa création sont à ce point nombreux qu’il est licite de demander si une telle incompétence est concevable chez un officier général, ou si l’explication de tels errements ne se trouve pas dans l’hypothèse de M. Booh-Booh, à savoir la « connivence » avec le général Kagamé. 

Ce général canadien aurait-il donc été nommé à la tête de la MINUAR afin de permettre la réalisation du plan américain visant à évincer la France du Rwanda puis du Zaïre, et pouvoir faire main basse sur les richesses du Kivu ? 

Page 123 de son livre qui a pour sous-titre éloquent « Révélations sur les dérives d’un général de l’ONU au Rwanda », J.R. Booh-Booh qui était donc le supérieur hiérarchique de Roméo Dallaire écrit ainsi sans détours que : « Dallaire n’était pas neutre : il était plutôt de connivence avec le FPR. Voilà la clé qui permet 

de comprendre cette situation ». 

Tant que François Mitterrand eut la capacité de gouverner, ce plan anglo-saxon fut mis en échec. Mais, après les élections législatives de 1993, et la « cohabitation » qui s’en suivit, le suivisme atlantiste des dirigeants français fit que tout fut bouleversé. 

Ces évènements provoquèrent même une totale redistribution des cartes en Afrique centrale au profit du Rwanda, principal allié de Washington qui reçut un blanc-seing pour mettre l’est de la RDC (l’ex-Zaïre), à savoir le Kivu, en coupe réglée. 

Monsieur le président Macron étiez-vous informé de cela, avant de faire porter la 

responsabilité des évènements sur votre propre pays et sur son armée… ?  

1[1] Booh-Booh, P-R., (2005) Le patron de Dallaire parle. Révélations sur les dérives d’un général de l’ONU au Rwanda. Paris. 

[2] Pour tous les détails concernant l’attitude et les responsabilités du général Dallaire, on se reportera au chapitre VIII de mon livre « Rwanda, un génocide en questions » 

 

 

APRÈS LA MISE AU POINT DU GÉNÉRAL LAFOURCADE, DES RÉACTIONS DE SOUTIEN SE MANIFESTENT.

Citons par exemple quelques extraits du message adressé par le colonel (R) Paul Jager.

J’ai servi sous les ordres du Général Lafourcade pendant l’opération Turquoise où j’ai été monter, en précurseur avant son déclenchement, la Base Aérienne de Kisangani au Zaïre qui a été la plaque tournante de l’aviation de chasse et de transport pendant la durée de Turquoise. Je suis rentré profondément marqué par cette horreur. J’ai toujours trouvé anormal le silence des grands chefs face à la  repentance officielle face à Kagamé qui est un des responsables majeurs de cette ignominie.

Enfin Lafourcade se décide à parler avec une retenue dont je ne serai pas capable:

– oui la France non seulement n’a pas à rougir de son action mais est allée seule, abandonnée par tous les occidentaux, prendre tous les risques au plan militaire pour faire cesser les massacres dans un pays à feu et à sang, en créant une Zone Humanitaire Sûre (ZHS) sur le Zaïre et une partie du territoire rwandais où les gens pouvaient se réfugier et être en paix…

– oui je peux témoigner que le COS avec des hélicoptères est intervenu dès le 18 juin pour « exfiltrer » des gens menacés et j’ai personnellement le souvenir d’un missionnaire qui avait 30 ans de Rwanda, sauvé par le COS alors qu’une partie de ses paroissiens l’emmenait pour la 3ème fois en 48h vers le peloton d’exécution…il m’a dit « je sais maintenant ce qu’est l’enfer, le mal absolu où des enfants tuent leur mère… »

– oui notre aviation de chasse, à la tête de laquelle se trouvait un de mes copains de promo a stoppé, de notre seule initiative à Kisangani, le FPR qui allait balayer nos troupes en volant « vite et très bas le soir » et sans tirer un seul coup de feu.

Signalons aussi le témoignage du Père  Jean Bosco Iyamuremye, prêtre rwandais résidant au Canada qui, après avoir regardé l’émission de l’ambassadeur Ndagijimana que nous avons diffusée sur notre site , adresse le message suivant:

 » Concernant la France moi non plus je ne comprends pas ce phénomène qui consiste à s’accuser des crimes qu’elle n’a pas commis. Pour moi, l’opération Turquoise est parmi celles les plus réussies de l’histoire de l’humanité. A voir comment les militaires français ont désarmé Kajuga et ses interahamwe ainsi que tous ceux qui portaient les armes à feu, comment ils sont allés chercher les rescapés tutsi dans les coins les plus retirés et les faire passer devant ceux qui, la veille, les traquaient, le calme et l’espoir qu’ils ont restauré dans très peu de temps, je ne sais pas s’il y a un pays dans le monde où cela a eu lieu comme cela s’est passé au Rwanda. C’est une réussite rare. »

 

 

Déclaration du Général Jean Claude Lafourcade sur la France ,seule à intervenir pour arrêter le génocide au Rwanda

 

  « La France, qui aurait pu arrêter le génocide avec ses alliés occidentaux et africains, n’en a pas eu la volonté »  

Que cette phrase ait été ou non prononcée, je peux affirmer, en tant qu’ancien commandant de l’opération Turquoise, que la France a eu la volonté de rétablir la paix et d’arrêter le génocide au Rwanda. 

 C’est bien la France qui, la première, au mois de mai 1994, a reconnu l’existence d’un génocide  

 C’est encore la France qui, seule, propose une intervention sous mandat de l’ONU, et ce malgré l’opposition du FPR et de la MINUAR. 

 C’est enfin la France qui se retrouve, seule, de nouveau, pour mettre sur pied ce qui allait devenir l’opération Turquoise. Aucun de ses « alliés occidentaux » ne s’est joint à elle, ni n’a eu la volonté d’aider à la mise en œuvre logistique, en quelques semaines, de cette opération à des milliers de kilomètres de la Métropole. Seuls des effectifs militaires de ses alliés africains viendront soutenir les efforts de la France sur le terrain. 

 L’opération Turquoise a bien été la manifestation de la volonté de la France d’arrêter le génocide. Vouloir prétendre le contraire ne serait pas acceptable pour tous ces soldats qui ont rempli cette mission difficile avec courage et honneur. 

 Il est certainement nécessaire, au regard de l’Histoire, de vouloir interroger le rôle de la France et les décisions qui ont pu être prises. Mais cette démarche ne peut prétendre à la vérité historique si elle refuse d’interroger aussi l’attitude des autres pays, en particulier de ceux prompts à critiquer le rôle de la France. 

 

                         Lille le 8 avril, 2024                                  Général (2S) Jean Claude Lafourcade 

2024. « LES BLANCS MENTEURS » SE RÉVEILLENT.

Eh oui, 2024 est le trentième anniversaire du génocide rwandais. Comme c’était  à prévoir, la commémoration du drame a donné des ailes à ceux qui pensent avoir quelque chose à en dire. Après Laurent Larcher (« Papa, qu’est-ce qu’on a fait au Rwanda? »), c’est Vincent Duclert qui propose  » La France face au génocide des Tutsis. Le grand scandale de la Ve République ». Du coup, la presse s’y met. « Le Point » a publié le 11 janvier un dossier sur cette crise.
Scandalisé, le général Lafourcade a adressé à la rédaction de l’hebdomadaire la lettre suivante: 
A propos du livre du professeur Duclert,Didier Jean se livre à une analyse fort critique de sa démarche.

 

BISESERO: VERS LE NON-LIEU DÉFINITIF? (SUITE ET FIN?)

Le 9 octobre 2023, nous postions sur le site une dépêche de l’AFP qui nous faisait espérer, sans certitude, la fin d’un long marathon judiciaire.
Une nouvelle dépêche de l’AFP nous incite à penser que, cette fois, ça y est: le terme est arrivé.
Mais sait-on jamais?

  Lire La nouvelle dépêche AFP   Lire communiqué du général LAFOURCADE

BISESERO: VERS LE NON-LIEU DÉFINITIF?

On se souvient de la satisfaction exprimée sur notre site par le général Lafourcade lorsque le parquet de Paris avait émis une ordonnance de non-lieu dans l’affaire de Bisesero.

C’était sans compter sur l’acharnement des « blancs menteurs » qui faisaient immédiatement appel.

Mais le Parquet vient de confirmer ses conclusions initiales.

Alors ?

  Lire La dépeche AFP

RWANDA (6 avril 1994-19 juillet 1994): un livre de Didier JEAN

L’auteur de ce livre remet en perspective les événements du Rwanda et la politique de la France sous cohabitation Mitterrand/Balladur.

Il souligne surtout l’incohérence des conclusions du rapport Duclert avec la réalité du travail des historiens chercheurs, ces conclusions étant marquées par le souci politique d’entériner la responsabilité de la France vis-à -vis de Kigali.

Général Lafourcade
Commandant l’opération Turquoise

  Commandez l'ouvrage de Didier JEAN

LA COUR D’APPEL DE PARIS ANNULE L’ORDONNANCE DE NON-LIEU RENDUE DANS L’AFFAIRE DITE DE « BISESERO ». LE GÉNÉRAL LAFOURCADE RÉAGIT.

Cette annulation a été prononcée pour une question de pure procédure, et non pas sur une question de fond. Je rappelle en effet qu’il n’y a aucune charge qui a été retenue contre l’Armée Française ou les militaires français intervenus lors de l’opération Turquoise de 1994. Les militaires français ont été très clairement mis hors de cause, que ce soit par l’enquête judiciaire ou le rapport Duclert.

Je  regrette donc vivement que ce dossier ne puisse toujours pas être bouclé, 17 ans après le début de l’enquête et presque 30 ans après le génocide.

Quelques collectifs de victime du génocide s’acharnent sur l’armée française, et instrumentalisent la justice française pour faire durer cette procédure.

Cette attitude, partisane, est préjudiciable à une analyse historique des véritables responsabilités, qui ne sont définitivement pas au niveau des militaires français.

Rappelons avec force qu’on peut être fier de ce que nos militaires français ont accompli lors de l’opération Turquoise 194, pour faire cesser les massacres et sauver des milliers de vie.

C’est la réalité, factuelle et historique, que certains collectifs de victimes refusent d’accepter, et que la justice devrait enfin reconnaître.