ENQUÊTE DU JUGE TRIVIDIC, UNE ANALYSE DE BERNARD LUGAN.

Assassinat du président Habyarimana, jeu trouble de Washington, enquête du juge Trévidic : clés de compréhension et d’explication.

Le 6 avril 1994, l’avion transportant deux présidents africains en exercice, MM. Juvénal Habyarimana du Rwanda et Cyprien Ntaryamira du Burundi était abattu par un missile[1]. Aucune enquête internationale ne fut ouverte afin d’identifier les auteurs de cet attentat qui fut le déclencheur du génocide du Rwanda[2]

Une analyse de Bernard Lugan.

RETOUR SUR UN ASSASSINAT

Le 1er janvier 2014, le colonel Patrick Karegeya a été retrouvé étranglé dans sa chambre d’hôtel en Afrique du Sud où il était réfugié après avoir rompu avec le FPR.

Rappelons que le colonel Karegeya avait été chef des services de renseignements extérieurs rwandais et qu’il faisait partie des instances dirigeantes du Congrès national rwandais, mouvement politique créé par d’anciens hauts cadres du FPR, dont le général Kayumba  Nyamwasa, ancien chef d’état-major de l’armée rwandaise.

Rappelons également que le général Kayumba et le colonel Karegeya avaient demandé vainement à être entendus par le juge Trévidic dans l’enquête sur l’attentat qui a causé la mort du Président Habyarimana en avril 1994.

Pour le général Kayumba qui a lui-même été victime de deux tentatives d’assassinat en 2010, les choses sont claires : le coupable est le régime de Kigali.

D’ailleurs, le président Kagame, dans la prière publique de fin d’année, a confirmé presque ouvertement sa responsabilité dans cette affaire en déclarant que Karageya avait trahi le Rwanda et que quiconque serait contre le Rwanda subirait le même sort.

L’enquête officielle n’a pour l’instant rien donné mais les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, soutiens traditionnels de Paul Kagame, ont manifesté clairement leurs interrogations et leur mécontentement.

L’ultime lettre du colonel Karegeya, adressée le 28 décembre 2013, nous a semblé intéressante à publier.

BERNARD LUGAN : « RWANDA. UN GÉNOCIDE EN QUESTIONS »

bernard-luganFrance-Turquoise connaît bien le professeur Bernard Lugan, africaniste reconnu (il est notamment expert auprès du Tribunal international pour le Rwanda et directeur de la revue par internet « L’Afrique Réelle »).

Il a déjà publié plusieurs ouvrages remarqués sur le Rwanda (« Histoire du Rwanda : de la préhistoire à nos jours » en 1997) et sur le génocide (« Rwanda : le génocide, l’Eglise et la démocratie » en 2001, « François Mitterrand, l’armée française et le Rwanda » en 2005, et « Rwanda – Contre-enquête sur le génocide » en 2007), tous caractérisés par leur rigueur et leur indépendance.

Aussi attendions-nous impatiemment son nouveau livre dont la sortie allait concorder avec le vingtième anniversaire du génocide, lequel suscite un regain de littérature pas toujours bien intentionnée à l’égard des soldats de l’opération Turquoise.

Nous n’avons pas été déçus.

Fort de sa qualité d’expert auprès du TPIR qui lui a donné accès à la totalité d’archives incontestables, le professeur Lugan dynamite un certain nombre d’idées que certains pensaient solidement établies en reformulant quelques questions… et en y répondant.

Et c’est ainsi qu’il démontre que le génocide n’était pas programmé, que « l’Akazu n’existait pas, qu’il est hautement invraisemblable de dire que le président Habyarimana fut assassiné par des extrémistes » hutu, ridicule de parler d’un coup d’Etat militaire dans la nuit du 6 au 7 avril 1994 et aberrant d’attribuer une quelconque responsabilité à la France dans ces tragiques évènements.

Tout ce qui constitue l’histoire officielle, écrite par les vainqueurs de la guerre civile rwandaise et relayée par les « blancs menteurs » pour justifier la prise du pouvoir, se trouve remis en cause et ce à partir des jugements rendus par le TPIR créé par le Conseil de sécurité de l’ONU pour juger les responsables du génocide.

Une lecture saine à recommander en ces jours où les contre-vérités ressurgissent de toutes parts.

Michel Fruchard

LE DRAME RWANDAIS/ LA VERITE DES ACTEURS ,COLLOQUE DU 1 AVRIL 2014

L’association « Démocraties » a organisé dans les locaux du Sénat un colloque fort intéressant consacré à la tragédie rwandaise.
A défaut d’avoir accès pour l’instant à l’intégralité des interventions, vous pourrez trouver ci-joint une synthèse due à une journaliste de RFI et le texte de l’intervention du général Lafourcade.

A Paris, »le drame rwandais » en débat lors d’un colloque au Sénat (375 KB)

L’environnement géopolitique de l’opération Turquoise (391 KB)

QUAND L’ÉTAT FRANÇAIS EST ACCUSÉ DE COMPLICITÉ DANS LE GÉNOCIDE DES RWANDAIS TUTSIS

A l’heure où, vingtième anniversaire aidant, les « blancs menteurs » et le régime discrédité de Kigali continuent de plus belle à répandre les vieux mensonges, il est bon de lire le remarquable article du professeur Serge Dupuis qui, s’appuyant sur l’épisode « emblématique » de Bisesero, remet les choses à l’endroit.

Bisesero Serge Dupuis (411 KB)

RCA-RWANDA: MEME COMBAT ?

centrafrique_soldatDès les premiers jours de l’engagement de nos forces en RCA, beaucoup, et nous en sommes,n’ont pu s’empêcher de relever l’analogie de cette opération avec Turquoise, avec les mêmes risques pour nos militaires. L’ASAF, à son habitude, pose nettement la question au Président de la République.

LETTRE 14/02

Le Président et l’armée de la France

L’année 2013 a été riche en décisions qui engagent l’avenir de notre armée, c’est-à-dire, pour une part, celui de notre pays. Il s’agit du Livre blanc, de la loi de programmation militaire et de deux opérations militaires en Afrique. L’année 2014 quant à elle s’ouvre sur des situations ambigües et dangereuses, tant par l’image négative que renvoie le chef des armées que par le flou qui entoure l’engagement de nos forces en République Centrafricaine (RCA).

Leurs conséquences sont de nature à ternir, affaiblir, voire décrédibiliser la France et son armée.

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PROCES SANBIKANGA: COMMENTAIRE D’ETAPE D’UN TEMOIN

Le procureur François-Xavier Nsanzuwera qui était cité par l’accusation au procès Sanbikangwa ne s’est pas présenté hier et le président a décidé de passer outre……

Je ne voudrais pas faire dire à François-Xavier Nsanzuwera ce qu’il n’a pas dit. Mais je suppose que, comme tout homme honnête, il est déchiré entre, d’une part le souci de ne pas laisser échapper un éventuel coupable et, d’autre part, celui de ne pas se laisser instrumentaliser par le régime criminel et criminogène de Kigali .

Il a fui Kigali où il était toujours et encore le Procureur après comme avant 1994 car il ne pouvait pas réprimer les crimes commis par le FPR et parce qu’on lui demandait de faire condamner des hutu innocents…

Rappelons que Kagame a déjà fait condamner par les Gaçaças près de deux millions de hutu , c’est à dire que tous les hutu adultes vivants au Rwanda en 1994 ont été condamnés. Et il pourchasse encore par l’intermédiaire de Gauthier et autres ONG de blancs menteurs les hutu exilés en Europe…

Que l’accusé soit coupable ou innocent, le procès Sanbikangwa s’inscrit dans cette logique de « génocide judiciaire » des hutu…puisqu’il a été dit qu’on devait aussi condamner les hutu nés depuis 1994 car ils auraient « été élevés dans l’idéologie génocidaire ».

Michel Robardey

UN CRIMINEL NOMME KAGAME

Dans un article paru sous ce titre dans le numéro 13 de Causeur Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières, nous livre ses conclusions sans langue de bois :

http://www.france-rwanda.info/article-rwanda-un-criminel-nomme-kagame-123669338.html

VINGT ANS APRES

Le procès du capitaine Simbikangwa qui s’est ouvert le 5 février 2014 donne le signal de départ d’une vague de désinformation dont nous sommes persuadés qu’elle va se développer jusqu’en avril pour le 20e anniversaire de l’attentat contre l’avion du président Habyarimana. C’est pourquoi nous ouvrons une rubrique « Vingt ans après ».

RETOUR SUR L’ATTENTAT

Avec l’autorisation de son auteur, Julien Teil, nous vous invitons à regarder une vidéo qui fera partie du film qu’il est en train de réaliser.

Il s’agit d’un témoignage de Mike Hourigan, décédé en décembre 2013, qui fut enquêteur du TPIR et de l’ONU dans la région des Grands Lacs. Ce témoignage apporte un éclairage fort intéressant sur l’affaire de l’attentat contre l’avion du président Habyarimana et sur les entraves à la manifestation de la vérité.

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KIVU : SUITE ET PROBABLEMENT PAS FIN.

kivuAu début de décembre 2013, nous nous sommes faits l’écho des interrogations que suscitait l’annonce de l’effondrement du mouvement rebelle M23, soutenu par le Rwanda.

Pour autant, deux questions se posent toujours :

1- Est-ce la fin du M23?

Rien n’est moins sûr. On sait qu’il s’est réfugié en Ouganda avec environ 1600 hommes.

Selon Jeune Afrique, un rapport d’experts de l’ONU indiquerait que le mouvement rebelle y serait en train de se reconstituer en recrutant au Rwanda et en Ouganda.

Le doute est donc permis.

2-Est-ce le début de la sortie de crise du Kivu?

En fait, personne ne le croit vraiment, pas plus Russ Feingold, l’envoyé spécial américain dans la région des Grands Lacs, dans une interview accordée à Jeune Afrique, le 6 décembre 2013, que les experts de la région.
On lira donc avec profit, pour s’éclaircir les idées, le dossier du professeur Bernard Lugan paru dans le numéro 48 de L’Afrique Réelle dossier afrique réelle 48

A la question:  » Le Rwanda peut-il renoncer au Kivu? », il répond par la négative: 50% du budget du Rwanda provient du pillage de cette région. On s’en persuadera à travers cette rétrospective des trois guerres du Kivu.