Rwanda le paradoxe français

Le lundi 26 novembre 2018, au cercle Aristote, Charles Onana,  docteur en sciences politiques,  a donné une  conférence intitulée « Rwanda le paradoxe français » dans laquelle il analyse scientifiquement preuves à l’appui les incohérences des accusations portées contre la France dans le dossier rwandais.

On ne s’étonnera pas de trouver dans l’exposé de Ch. ONANA des références nouvelles tant les soi-disant chercheurs français, totalement obnubilés par leurs présupposés et par les prétendues archives françaises telles qu’ils les imaginent, négligent délibérément et systématiquement les autre sources , pourtant abondantes et fort instructives.

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RWANDA : les confessions d’un ancien officier français Tragediante ou commediante ?

IGIHE[1] , la chaîne officielle du gouvernement de Kigali présente sur le net une vidéo qui aurait été enregistrée le 7 Juin 2018 au centre communautaire juif de Bruxelles,  en présence  – et probablement sous le contrôle –  de Bernard Maingain, l’avocat belge attitré du même gouvernement de Kigali.

Dans cette extrait de 4’ 14’’,  on voit un ancien officier français jouer avec l’émotion de la salle et instrumentaliser la mort de dix para-commandos belges pour mieux se glorifier d’avoir fait abattre douze Rwandais dont il prétend qu’il s’agissait de génocidaires.

En fait, il ne savait rien de ces douze Rwandais si ce n’est leur apparence et qu’ils lui auraient lancé un regard narquois. Et le prétexte qu’Ancel donne à cet assassinat multiple sous la forme d’un gilet pare-éclats portant un certain patronyme ne résiste pas à l’analyse des autorités militaires belges. En effet les dix malheureux camarades belges assassinés au Rwanda étant parfaitement connus, il a été facile de vérifier que :

  1. aucun d’entre eux n’avait fait quelque stage ou quelque entraînement que ce soit avec le sieur Ancel ;
  2. tous étaient para- commando et non artilleur ;
  3. ce bataillon étant francophone ne comportait aucun flamand ;
  4. enfin le commandant du bataillon affirme que ses « hommes ne portaient pas leur nom sur le gilet pare-éclats. Ce type d’équipement ne faisait pas partie de la dotation personnelle mais était considéré comme un équipement collectif, distribué en fonction du type de mission».

De plus, les sous-officiers de Légion étrangère susceptibles d’avoir été placés temporairement sous les ordres de ce jeune capitaine pour une toute autre mission et dont il prétend aujourd’hui qu’ils l’auraient accompagné dans son délire,  se sont tous indignés, affirmant que ce récit « portait atteinte à l’honneur des sous-officiers français».

La revendication de cet événement par cet ancien officier est effectuée clairement et régulièrement en France comme à l’étranger.  S’il avait été véridique, ce « fait d’armes » aurait constitué un acte flagrant de désobéissance aux ordres reçus. Porté à la connaissance de ses supérieurs, il aurait été très sévèrement sanctionné.

Sa revendication répétitive frôle aujourd’hui avec une apologie de crime, susceptible de condamnation par la Justice. Mais en réalité, il montre surtout la fragilité d’un homme dont le discours n’est pas crédible.

[1] Reportage de Karirima Ngarambe Aimable

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BISESERO: LE GÉNÉRAL LAFOURCADE RÉPOND AUX ACCUSATIONS DE MÉDIAPART AU MICRO DE FRANCE 24

Interviewé le 29 octobre 2018 à propos des accusations portées par Médiapart sur l’affaire de Bisesero, le général répond calmement (il a du mérite) aux questions d’une journaliste qui est manifestement dans une position hostile. Les commentaires de la vidéo de Médiapart, les images d’archives qui défilent pendant l’interview et même la question: » Selon vous, l’armée française n’a pas sciemment tardé à intervenir… », tout cela montre dans quel camp elle se range. Sans compter qu’elle donnera ensuite la parole à Fabrice Arfi, le journaliste de Médiapart, qui sera traité avec beaucoup plus d’empathie.

Quoi qu’il en soit, il suffit d’écouter le général Lafourcade pour comprendre.

http://www.seneweb.com/news/61/massacre-de-bisesero-au-rwanda-le-genera_n_263222.html

Les racines de la colère et les véritables causes du génocide

En 1993, les offensives successives menées par l’APR avaient fini par  vider le nord du Rwanda de tous ses habitants.  Le processus était toujours le même : après l’arrivée des soldats de l’APR, les élites étaient séparées de la masse puis exécutées tandis que le gros de la population était convié à une réunion d’information afin, prétendait-on, de recevoir les directives des nouvelles autorités. Une fois rassemblée, cette population majoritairement hutu était prise sous le feu des armes automatiques et s’enfuyait en panique. Piétinant et abandonnant femmes, vieillards et enfants, fuyant vers le sud les rescapés s’arrêtaient dans ces terribles camps de réfugiés contenus au nord de Kigali , dont celui de Nyaçonga décrit par la vidéo ci-dessous. Regroupés par commune, hommes , femmes et surtout enfants y crevaient à petit feu de faim, de froid, de maladie et de malnutrition. En 1994, l’année suivante, les survivants qui ne parviendront pas à fuir vers l’ouest auraient été impitoyablement massacrés par l’APR.

Regardez bien cette trop rare vidéo. Elle expose très clairement la situation du Rwanda en 1993, quelques mois avant le génocide.  La colère d’une population trop longtemps, trop durement  et trop injustement martyrisée par l’agression venue d’Ouganda est parfaitement ressentie par le cameraman comme par le conteur. Ils pressentent l’inéluctable drame à venir, si la guerre ne prend pas fin rapidement.

Or, non seulement elle n’a pas pris fin mais elle a redoublé. Et , de surcroît, comme si les malheurs ne s’étaient pas suffisamment abattus sur ce peuple, en abattant l’avion présidentiel, on a éliminé le seul rempart auquel croyaient encore ces malheureux.  Cette vidéo vous  explique pourquoi le génocide de 1994, le génocide de la colère, le génocide du désespoir, était plus que prévisible, inévitablement amené par la stratégie du désastre délibérément choisie par le FPR depuis 1990, délibérément provoqué par ceux qui ont abattu l’avion présidentiel le 6 avril 1994.

Cette vidéo datant de 1993 est un terrible réquisitoire contre ceux qui ont déclenché la guerre et qui récidiveront le 6 avril 1994. Elle  est d’une lumineuse – et très sombre – clarté :

https://youtu.be/1gOYTSPq75I

INTERVIEW DE L’AMIRAL LANXADE DANS « LA CROIX »

 

Le quotidien chrétien, on s’en souvient probablement, a largement donné la parole aux affabulations de Guillaume Ancel secondées par les déclarations d’un mystérieux aviateur anonyme et à peine contre-balancées par une interview tronquée du général Lafourcade. Bien plus, quelques jours plus tard, il publiait une interview ahurissante de Bernard Kouchner, provoquant stupeur et indignation. Le 9 juillet 2018, il redresse le cap avec une interview calme et pondérée de l’amiral Lanxade, chef d’état-major des armées au moment de Turquoise et donc l’homme qui connaît le mieux la réalité des faits.

https://www.la-croix.com/Monde/Afrique/Pourquoi-France-elle-pas-arrete-genocidaires-loperation-Turquoise-2018-07-08-1200953504?from_univers=lacroix

UNE INTERVIEW DU GÉNÉRAL LAFOURCADE SUR « LA CROIX »

Dans son numéro du 25 juin 2018, « La Croix » a publié un volumineux dossier relatif à l’opération Turquoise qui , à côté des allégations habituelles de Guillaume Ancel et de celles plus neuves d’un mystérieux aviateur anonyme, donne la parole au général Lafourcade dans une interview hélas tronquée « faute de place »(!). On trouvera l’intégralité de l’interview ci-dessous.

https://www.la-croix.com/Monde/Afrique/Le-livre-Guillaume-Ancel-ineptie-2018-06-24-1200949860?from_univers=lacroix

 

RWANDA. GÉNOCIDE DOUBLE OU SIMPLE? LE COLONEL ROBARDEY S’ENGAGE.

Le livre de Judi Rever « In Praise of Blood » a suscité des commentaires souvent très hostiles, parfois réticents, comme un des derniers en date, celui de Claudine Vidal. Il est vrai que dire qu’il y a eu un double génocide au Rwanda est tenu pour sacrilège. Et pourtant… Dans son blog, sur Médiapart, le colonel Robardey démontre avec une rigueur implacable que c’est bien ce à quoi le simple examen des faits nous conduit.

https://blogs.mediapart.fr/michel-robardey/blog/120618/rwanda-et-genocides-l-embarras-des-chercheurs-0

LE 5 JUIN 2018, FLORENCE PARLY, MINISTRE DES ARMÉES, RÉPOND À UNE QUESTION DU DÉPUTÉ HUBERT JULIEN-LAFERRIÈRE DEVANT L’ASSEMBLÉE NATIONALE

QUESTIONS AU GOUVERNEMENT – Le 05/06/2018 – 16:01:37

François de RUGY, président de l’Assemblée nationale

La parole est à monsieur Hubert JULIEN-LAFERRIERE.

Hubert JULIEN-LAFERRIERE, député LREM du Rhône

Merci Monsieur le Président. Ma question – à laquelle j’associe, pardon, la présidente du groupe d’amitié France-Rwanda, Sira SYLLA – s’adresse à Florence PARLY, ministre des Armées. Madame la Ministre, il y a 15 jours, le président de la République française recevait le président de la République du Rwanda, Paul KAGAME, à l’Elysée pour la première fois depuis 2011. Alors on peut sur ces bancs, bien sûr, avoir un regard critique sur la gouvernance de Paul KAGAME au Rwanda, mais comment ne pas être admiratif de la capacité de résilience de ce pays après le génocide des Tutsis de 1994 qui a fait, rappelons-le, 1 million de victimes ? Alors que des Rwandais avaient massacré des Rwandais à la machette, le pays a su se réconcilier et s’unir en si peu d’années et pourtant dévasté par la guerre, il a su devenir rapidement un pays à l’économie florissante. Et puis le Rwanda s’est aussi fait une place de choix parmi ses grands voisins. On sait que le 23 mars dernier, il est d’ailleurs devenu le premier contributeur financier africain de la force G5 Sahel et je souhaite saluer le soutien de la France à la candidature de la ministre rwandaise des Affaires étrangères à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie. Vous connaissez, Madame la Ministre, nous connaissons tous les accusations qui sont tenues à l’encontre de la France et de ses armées depuis le génocide des Tutsis. C’est pourquoi d’ailleurs lors de leur rencontre, les deux chefs d’Etat ont évoqué la création d’une commission composée d’historiens rwandais et français. Il est d’intérêt dans l’intérêt de tous que cette commission puisse travailler dans de bonnes conditions grâce au processus d’ouverture des archives qui doit continuer, comme l’ont également souhaité les deux chefs d’Etat, parce que mes chers collègues, le travail de mémoire comme la lutte contre l’impunité sont indispensables pour prévenir de tels drames. Alors, Madame la Ministre, pouvez-vous nous en dire plus sur le processus d’ouverture des archives, indiquer quelles sont les ambitions de la France pour rétablir les relations franco-rwandaises apaisées ? Je vous remercie.

François de RUGY

Merci Monsieur le Député. La parole est à Madame Florence PARLY, ministre des Armées.

Florence PARLY, ministre des Armées

Monsieur le Député, vous avez raison, nous devons parler au Rwanda et ceci quel qu’en soit le dirigeant, il est nécessaire de parler à un pays dynamique qui, par ailleurs, exerce cette année la présidence de l’Union africaine. La décision du président de la République a permis de rétablir le dialogue. C’est donc une décision de responsabilité. Mais comme vous l’évoquez également, certains tentent de réécrire l’Histoire et tiennent des propos inacceptables et souvent vendeurs. Je veux dire ici très clairement que je ne laisserai pas entacher l’honneur de nos armées et que je serai toujours là pour le défendre. Concernant l’ouverture des archives, je salue la décision du président de la République qui a affirmé que toutes les archives devaient être concernées, pas seulement celles des armées qui ont systématiquement donné suite aux demandes de déclassification qui leur ont été adressées. Il n’y a donc aucune raison d’avoir peur car c’est la déclassification qui permettra aussi d’apaiser les fantasmes et de mettre un terme à d’insupportables suspicions. C’est aussi ce que permettra la deuxième annonce du président de la République, celle de réunir les conditions pour un travail d’étude et de mémoire. Il faut dépassionner l’Histoire pour pouvoir l’étudier, permettre à une opinion éclairée de se forger. Nos enfants doivent savoir ce que la France a fait au Rwanda. Ils doivent savoir ce que nos militaires y ont fait. Nous sommes toujours aux côtés de ceux qui ont combattu pour la France, nous y serons jusqu’au bout, jusqu’à ce que la vérité ait pu être faite et c’est tout ce que désirent nos armées.

François de RUGY

Merci Madame la Ministre.