Dans le numéro du 11 avril 2019 de « Valeurs Actuelles », Antoine Colonna signe un article juste et bien documenté sur le génocide rwandais et l’opération Turquoise, article qui change agréablement des bobards véhiculés par les médias « mainstream ». Le titre en situe bien les enjeux.
ÉCOUTONS CEUX QUI CONNAISSENT L’AFFAIRE:
En cette période d’affolement médiatique que provoque le 25ème anniversaire du génocide rwandais et où circule tout et n’importe quoi, il serait bon de prêter l’oreille à ceux qui connaissent bien les évènements:
– tout d’abord,dans une tribune parue dans « Le Monde », l’amiral Lanxade qui était chef d’état-major des armées à l’époque,
– ensuite, lors d’une interview sur RFI, M.Paul Quilès qui présida la mission d’information parlementaire chargée d’examiner le rôle de la France.
M. HUBERT VÉDRINE REMET LES PENDULES À L’HEURE
En cette période critique qui précède le 25e anniversaire du génocide rwandais et où les « blancs menteurs » se répandent en bobards, « fake news » et complotisme, M. Hubert Védrine, dans une interview donnée au Figaro, met sereinement les choses à l’endroit.

Celui qui fut secrétaire général de l’Élysée sous François Mitterrand pendant le génocide rwandais donne sa version des faits.
Entretien avec Isabelle LASSERRE.
LE FIGARO. – Vous vous exprimez rarement sur le Rwanda. Pourquoi maintenant ?
Hubert VÉDRINE. – Parce que le 25e anniversaire d’un événement aussi atroce que ce génocide devrait être l’occasion de réfléchir objectivement à ce qui y a conduit pour éviter qu’il ne se reproduise un jour, là ou ailleurs. Et parce qu’on a surtout entendu, ou lu, en France ces dernières années des accusations violentes et infamantes – « complicité de génocide » – contre la France, sans que ce soit contrebalancé par les explications des responsables militaires, ni que l’on donne la parole aux experts français, belges, canadiens, congolais ou autres qui ont démontré l’inanité de ces accusations. Et que donc le moment me paraît venu de rappeler ce que fut vraiment la politique de la France au Rwanda de 1990 à 1994.
Une exigence de vérité
Le 17 février 2019.
Communiqué du Général Lafourcade
Commandant de l’opération Turquoise
Une exigence de vérité
La Force Turquoise est régulièrement accusée d’avoir protégé le gouvernement rwandais par intérim et d’avoir facilité sa fuite en juillet 1994, accusation systématiquement reprise par les médias. Je dénonce un amalgame et une contre vérité.
Alors que ce gouvernement était composé de 21 personnes, seuls deux membres ont transité par la zone Turquoise du 16 au 17 juillet avant de passer d’eux même au Zaïre. Il s’agit des :
- Docteur Theodore Sindikuwabo, président de l’assemblée nationale et président par intérim de la République rwandaise du 9 avril au 19 juillet 1994 (décédé en 1998 à Bukavu).
- Jérome Bicamumpaka ministre des affaires étrangères (arrêté en 99, transféré au TPIR, acquitté de tous les chefs d’accusation le 30 septembre 2011 et remis en liberté.
Deux personnes sur vingt et unes, cela ne constitue pas un « gouvernement » mais ce sont de simples personnalités isolées et sans influence, une d’entre elles ayant été blanchie par le TPIR. Il est donc faux d’affirmer que le Gouvernement intérimaire rwandais est passé par la zone Turquoise.
En outre, la Force Turquoise ne pouvait arrêter des personnalités d’un gouvernement étranger qui était encore à l’époque membre du Conseil de sécurité de l’ONU. Elle n’en avait ni le mandat ni la capacité juridique.
Au moment où l’anniversaire du génocide s’annonce, Il importe que les journalistes français, dans le respect leur charte d’éthique professionnelle, mettent en œuvre les principes de cette charte en vérifiant les informations fournies par des groupes de pression avant de les relayer sans discernement ni recul. A défaut, ils participent à une entreprise de désinformation.
TRÈS BONNE INTERVIEW DE M. HUBERT VÉDRINE SUR TV5 MONDE
Le 12 février 2019, face à un journaliste ne connaissant pas le dossier, M. Védrine a réussi à élever le débat et à replacer le sujet dans le contexte géopolitique. Il a bien expliqué que c est la France qui a imposé les accords d’ Arusha au pouvoir hutu et ne pouvait donc pas soutenir une rupture de ces accords en soutenant les Hutus.
Il a dénoncé l’acharnement des journalistes français à vouloir à tout prix montrer la culpabilité de la France alors que les médias internationaux ne mettent pas notre pays en cause.
Il a enfin dénoncé l’instrumentalisation de la note de la DGSE qui n’est qu’un document peu fiable, insignifiant et non jugé crédible, noyé parmi des milliers d’autres.
Il a eu un mot pour balayer l’insignifiance d Ancel.
Vous pouvez la regarder en replay sur votre ordinateur en cliquant sur le lien:
Rwanda le paradoxe français
Le lundi 26 novembre 2018, au cercle Aristote, Charles Onana, docteur en sciences politiques, a donné une conférence intitulée « Rwanda le paradoxe français » dans laquelle il analyse scientifiquement preuves à l’appui les incohérences des accusations portées contre la France dans le dossier rwandais.
On ne s’étonnera pas de trouver dans l’exposé de Ch. ONANA des références nouvelles tant les soi-disant chercheurs français, totalement obnubilés par leurs présupposés et par les prétendues archives françaises telles qu’ils les imaginent, négligent délibérément et systématiquement les autre sources , pourtant abondantes et fort instructives.
RWANDA : les confessions d’un ancien officier français Tragediante ou commediante ?
IGIHE[1] , la chaîne officielle du gouvernement de Kigali présente sur le net une vidéo qui aurait été enregistrée le 7 Juin 2018 au centre communautaire juif de Bruxelles, en présence – et probablement sous le contrôle – de Bernard Maingain, l’avocat belge attitré du même gouvernement de Kigali.
Dans cette extrait de 4’ 14’’, on voit un ancien officier français jouer avec l’émotion de la salle et instrumentaliser la mort de dix para-commandos belges pour mieux se glorifier d’avoir fait abattre douze Rwandais dont il prétend qu’il s’agissait de génocidaires.
En fait, il ne savait rien de ces douze Rwandais si ce n’est leur apparence et qu’ils lui auraient lancé un regard narquois. Et le prétexte qu’Ancel donne à cet assassinat multiple sous la forme d’un gilet pare-éclats portant un certain patronyme ne résiste pas à l’analyse des autorités militaires belges. En effet les dix malheureux camarades belges assassinés au Rwanda étant parfaitement connus, il a été facile de vérifier que :
- aucun d’entre eux n’avait fait quelque stage ou quelque entraînement que ce soit avec le sieur Ancel ;
- tous étaient para- commando et non artilleur ;
- ce bataillon étant francophone ne comportait aucun flamand ;
- enfin le commandant du bataillon affirme que ses « hommes ne portaient pas leur nom sur le gilet pare-éclats. Ce type d’équipement ne faisait pas partie de la dotation personnelle mais était considéré comme un équipement collectif, distribué en fonction du type de mission».
De plus, les sous-officiers de Légion étrangère susceptibles d’avoir été placés temporairement sous les ordres de ce jeune capitaine pour une toute autre mission et dont il prétend aujourd’hui qu’ils l’auraient accompagné dans son délire, se sont tous indignés, affirmant que ce récit « portait atteinte à l’honneur des sous-officiers français».
La revendication de cet événement par cet ancien officier est effectuée clairement et régulièrement en France comme à l’étranger. S’il avait été véridique, ce « fait d’armes » aurait constitué un acte flagrant de désobéissance aux ordres reçus. Porté à la connaissance de ses supérieurs, il aurait été très sévèrement sanctionné.
Sa revendication répétitive frôle aujourd’hui avec une apologie de crime, susceptible de condamnation par la Justice. Mais en réalité, il montre surtout la fragilité d’un homme dont le discours n’est pas crédible.
[1] Reportage de Karirima Ngarambe Aimable
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BISESERO: LE GÉNÉRAL LAFOURCADE RÉPOND AUX ACCUSATIONS DE MÉDIAPART AU MICRO DE FRANCE 24
Interviewé le 29 octobre 2018 à propos des accusations portées par Médiapart sur l’affaire de Bisesero, le général répond calmement (il a du mérite) aux questions d’une journaliste qui est manifestement dans une position hostile. Les commentaires de la vidéo de Médiapart, les images d’archives qui défilent pendant l’interview et même la question: » Selon vous, l’armée française n’a pas sciemment tardé à intervenir… », tout cela montre dans quel camp elle se range. Sans compter qu’elle donnera ensuite la parole à Fabrice Arfi, le journaliste de Médiapart, qui sera traité avec beaucoup plus d’empathie.
Quoi qu’il en soit, il suffit d’écouter le général Lafourcade pour comprendre.
http://www.seneweb.com/news/61/massacre-de-bisesero-au-rwanda-le-genera_n_263222.html
Les racines de la colère et les véritables causes du génocide
En 1993, les offensives successives menées par l’APR avaient fini par vider le nord du Rwanda de tous ses habitants. Le processus était toujours le même : après l’arrivée des soldats de l’APR, les élites étaient séparées de la masse puis exécutées tandis que le gros de la population était convié à une réunion d’information afin, prétendait-on, de recevoir les directives des nouvelles autorités. Une fois rassemblée, cette population majoritairement hutu était prise sous le feu des armes automatiques et s’enfuyait en panique. Piétinant et abandonnant femmes, vieillards et enfants, fuyant vers le sud les rescapés s’arrêtaient dans ces terribles camps de réfugiés contenus au nord de Kigali , dont celui de Nyaçonga décrit par la vidéo ci-dessous. Regroupés par commune, hommes , femmes et surtout enfants y crevaient à petit feu de faim, de froid, de maladie et de malnutrition. En 1994, l’année suivante, les survivants qui ne parviendront pas à fuir vers l’ouest auraient été impitoyablement massacrés par l’APR.
Regardez bien cette trop rare vidéo. Elle expose très clairement la situation du Rwanda en 1993, quelques mois avant le génocide. La colère d’une population trop longtemps, trop durement et trop injustement martyrisée par l’agression venue d’Ouganda est parfaitement ressentie par le cameraman comme par le conteur. Ils pressentent l’inéluctable drame à venir, si la guerre ne prend pas fin rapidement.
Or, non seulement elle n’a pas pris fin mais elle a redoublé. Et , de surcroît, comme si les malheurs ne s’étaient pas suffisamment abattus sur ce peuple, en abattant l’avion présidentiel, on a éliminé le seul rempart auquel croyaient encore ces malheureux. Cette vidéo vous explique pourquoi le génocide de 1994, le génocide de la colère, le génocide du désespoir, était plus que prévisible, inévitablement amené par la stratégie du désastre délibérément choisie par le FPR depuis 1990, délibérément provoqué par ceux qui ont abattu l’avion présidentiel le 6 avril 1994.
Cette vidéo datant de 1993 est un terrible réquisitoire contre ceux qui ont déclenché la guerre et qui récidiveront le 6 avril 1994. Elle est d’une lumineuse – et très sombre – clarté :