Rétractation d’Abdul Ruzibiza

Claudine Vidal, sociologue, directrice de recherche émérite au CNRS et André Guichaoua professeur de sociologie à l’Université Paris-I, Panthéon Sorbonne, témoin expert auprès du bureau du Procureur du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) depuis 1996, ont préfacé et postfacé le livre "Rwanda histoire secrète".

Dans un communiqué ils réagissent aux déclarations récentes d’Abdul Ruzibiza.

« […] Durant des années, il a maintenu ses déclarations avec force, dans différents médias, devant le juge espagnol et au TPIR[…] Il lui faudra prouver qu’il a menti, car, sur l’attentat, comme sur le reste, il fait preuve de précision […] Il ne suffit pas de dire maintenant: “j’ai tout inventé” après avoir affirmé le contraire des années durant, et maintenant, c’est à dire au moment de l’arrestation de Rose Kabuye.[…] Quant aux “vrais mobiles” qui l’ont poussé à mettre par écrit de telles révélations, je vous rappelle qu’il les avait fort bien expliqués dans son communiqué de mars 2003 et qu’il les a repris de nouveau dans son livre: faire éclater la vérité, faire juger tous les auteurs de crimes, quels qu’ils soient. Il en donne un autre maintenant, plutôt étrange: “mesurer la haine des Français à l’égard des Tutsis”. Comprenne qui pourra! »

Lire le communiqué de Claudine Vidal

Rose Kabuyé inculpée par la justice française

Rose Kabuye arrêtée en novembre 2008 en Allemagne en vertu d’un  mandat d’arrêt international émis par le juge Bruguière, a été transférée sur Paris et inculpée  pour « complicité d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste ».

La directrice du protocole de Paul Kagame est soupçonnée  d’être impliquée dans l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du président rwandais de l’époque Juvénal Habyarimana, qui avait été tué dans l’explosion, ainsi notamment que l’équipage français de l’appareil.

Voir également : Débat sur France 24 après l’arrestation de Rose Kabuye

 

Le 22 décembre 2008, Madame Rose Kabuyé a été remise en liberté sous contrôle judiciaire et autorisée par la justice française, à rentrer au Rwanda pour la période des fêtes de fin d’année sous réserve de revenir volontairement en France le 10 janvier 2009. Dans la communauté rwandaise présente en Europe de nombreuses supputations ont alors eu cours sur le sens à donner à l’une ou l’autre des hypothèses : retour ou non retour ?

Voir également dépêche  publiée par

 

Madame Rose Kabuyé  revenue à Paris a été entendue à la fin du mois de janvier 2009 par les magistrats français en charge de l’instruction. Puis elle a rejoint Kigali et devrait revenir en France en mars pour répondre à un prochain interrogatoire.

 

Article actualisé le 16 mars 2009

Pierre Péan relaxé

L’écrivain et enquêteur Pierre Péan a été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris devant lequel il était poursuivi pour diffamation raciale et provocation à la discrimination raciale. En cause, son ouvrage Noires fureurs, blancs menteurs (Fayard, 2005) sur le génocide rwandais. Son éditeur, Claude Durand, a également été relaxé.
SOS Racisme avait déposé une plainte en octobre 2006, reprochant à Pierre Péan d’avoir écrit que les Tutsis avaient recours au mensonge et à la dissimulation ou étaient des professionnels de la manipulation, l’écrivain citant parfois d’autres auteurs dans les pages poursuivies.

Voir aussi :

                Libération,       Le Figaro,      Marianne,     Bakchich,   Causeur

 

A LIRE ! éditorial de Patrick Besson dans 11 décembre 2008

Enquête du juge français Bruguière : une proche du président Kagame arrêtée

Le 6 avril 1994, le président Habyarimana perdait la vie dans son avion, touché par un missile, alors qu’il revenait au Rwanda. Cet assassinat est considéré comme l’élément déclencheur du génocide. 800 mille tutsis et opposants hutus sont morts entre avril et juin 1994.

Depuis, plusieurs pays européens ont lancé des mandats d’arrêt internationaux contre de hauts responsables de l’actuel président Kagamé.

 

C’est en 2006 que le juge Bruguière a signé 9 mandats d’arrêts visant des proches de Paul Kagame. Le juge français les soupçonne d’être impliqués dans l’attentat qui a coûté la vie au président Habyarimana en 94. Le juge Bruguière recommande aussi des poursuites contre l’actuel président Kagame devant le tribunal pénal international pour le Rwanda.

Ces mandats d’arrêt internationaux ont d’ailleurs sérieusement refroidi les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda. Pour Paul Kagame, ils ne sont qu’une opération politique pour couvrir l’implication supposée de la France dans le génocide rwandais.

En mai dernier, une visite officielle rwandaise en Belgique avait été annulée. Dans la délégation rwandaise se trouvait un haut responsable de la sécurité extérieure recherché, lui, par la justice espagnole. L’Espagne enquête sur le génocide et tout spécialement sur la mort en 94 de prêtres et d’humanitaires présents sur place.

En mai dernier, la Belgique avait expliqué au Rwanda que si cet homme mettait un pied sur notre territoire, il serait immédiatement arrêté. La visite avait tout simplement été annulée.

D’après A. Blanpain, RTBF novembre 2008

 

(1) Note de l’association France Turquoise:

L’intervention de la justice française et l’ouverture de l’enquête du juge Bruguière font suite à l’initiative des familles de l’équipage français de l’avion abattu le 6 juin 1994, qui ont déposé plainte et se sont constituées parties civiles.

 Rose Kabuyé inculpée par la justice française

 Rose Kabuye a été transférée sur Paris et inculpée  pour "complicité d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste".

Voir également : Débat sur France 24 après l’arrestation de Rose Kabuye

 

Le 22 décembre 2008, Madame Rose Kabuyé a été remise en liberté sous contrôle judiciaire et autorisée par la justice française, à rentrer au Rwanda pour la période des fêtes de fin d’année sous réserve de revenir volontairement en France le 10 janvier 2009. Dans la communauté rwandaise présente en Europe de nombreuses supputations ont alors eu cours sur le sens à donner à l’une ou l’autre des hypothèses : retour ou non retour ?

Voir également dépêche  publiée par

 

Madame Rose Kabuyé  revenue à Paris a été entendue à la fin du mois de janvier 2009 par les magistrats français en charge de l’instruction. Puis elle a rejoint Kigali. Elle a été de nouveau entendue par les juges français à Paris en mars 2009.

 

Lire l’article publié en mai 2009 par le colonel (cr) Luc Marchal, ancien adjoint du général canadien Dallaire, chef des soldats de l’ONU (MINUAR) présents au Rwanda en 1994 : L’enquête du juge Bruguière n’est pas un vulgaire "pétard mouillé"

 

Actualisation octobre 2010

Le destin de Rose Kabuye

Le limogeage Rose Kabuye du poste de directrice du protocole de la présidence rwandaise a suscité son lot de rumeurs fantaisistes.

C’est pour « incompétence » et « fautes professionnelles » commises dans l’exercice de ses fonctions que Rose Kabuye (49 ans), la directrice du protocole de la présidence rwandaise, a été officiellement limogée à la mi-septembre (2010), après plusieurs semaines de mise à l’écart. De novembre 2008 à avril 2009, l’intéressée avait été assignée à résidence par la justice française dans le cadre d’une enquête sur l’assassinat de Juvénal Habyarimana, avant d’être remise en liberté, faute de preuves. Cette mésaventure lui avait valu dans son pays un statut de star, qui, dit-on à Kigali, lui avait quelque peu « tourné la tête ».

Depuis plusieurs mois, le président Paul Kagamé ne cachait pas son agacement devant les bourdes à répétition de sa collaboratrice. Ce limogeage, qui n’a rien à voir avec la sécurité du chef de l’État (domaine auquel la directrice du protocole était totalement étrangère), a suscité quelques explications fantaisistes. Selon ces rumeurs, Kabuye aurait exigé de Kagamé un poste de ministre, voire une ouverture du régime en direction de l’opposition ! (…)

Extraits d’un article de Jeune Afrique

Des militaires français portent plainte contre les auteurs du rapport « Mucyo »

Les militaires ayant servi au Rwanda de 1990 à 1994, et en particulier ceux qui ont participé à l’Opération Turquoise, auraient « pleinement pris en charge le projet génocidaire », plusieurs d’entre eux étant désignés nominativement comme comptant parmi les « personnalités militaires françaises les plus impliquées dans le génocide ». Ces accusations graves et infondées ne peuvent rester sans réponse.

 

C’est pourquoi, un certain nombre de  militaires mis en cause, atteints dans leur honneur, ont décidé de donner une suite judiciaire aux accusations ainsi portées, devant la Justice de notre pays.

 

Les soldats français ont rempli de manière digne et exemplaire, sous les yeux de nombreux observateurs, la mission qui leur a été assignée au Rwanda par le Gouvernement et le Président de la République. Les Nations Unies et la Communauté internationale leur en ont donné acte en 1994.

En 1998, une Commission Parlementaire française a écarté toute ambiguïté possible sur leur action.

Les accusations portées sont indignes et inacceptables. Elles visent des hommes qui ont mis fin au génocide, sauvé des milliers de vies et permis d’éviter une catastrophe humanitaire en persuadant trois millions de personnes fuyant au Zaïre de rester au Rwanda. Ces accusations s’appuient sur le contenu et les conclusions d’un rapport de commande dit « Rapport Mucyo ». Présents sur le terrain, nous sommes en mesure d’affirmer que ces accusations reposent sur de nombreux faux témoignages et révèlent une instrumentalisation du génocide.

Nous faisons confiance à la Justice française pour donner à notre requête la suite qui conviendra.

 Le Président , Jean Claude Lafourcade

 

Dépêche AFP du 05.11.2008, 18h06

Mis en cause par le Rwanda, dix officiers français portent plainte en diffamation

Dix officiers de haut rang ayant participé en 1994 à l’opération militaro-humanitaire "Turquoise", au Rwanda, ont porté plainte en diffamation mardi à Paris après avoir été mise en cause en août dans un rapport rwandais les accusant d’avoir participé au génocide, a-t-on appris mercredi de source judiciaire
Cette plainte avec constitution de partie civile pour "diffamation publique" a été déposée mardi devant la doyenne des juges d’instruction du tribunal de grande instance de Paris.

Parmi les plaignants figurent cinq généraux, dont Jean-Claude Lafourcade qui a commandé l’opération Turquoise, et cinq colonels, a indiqué à l’AFP un proche des plaignants.
Ces dix officiers ont tous été cités dans un rapport rwandais sur le rôle supposé de la France dans le génocide, présenté à la presse le 5 août par le ministre de la justice de Kigali, Tharcisse Karugarama.
"Les militaires ayant servi au Rwanda de 1990 à 1994, et en particulier ceux qui ont participé à l’Opération Turquoise", ont été accusés à cette occasion d’avoir "+pleinement pris en charge le projet génocidaire+, plusieurs d’entre eux étant désignés nominativement comme comptant parmi les +personnalités militaires françaises les plus impliquées dans le génocide+", rappelle le général Lafourcade dans un communiqué.
"Ces accusations graves et infondées ne pouvaient rester sans réponse. C’est pourquoi, une dizaine d’officiers mis en cause, atteints dans leur honneur, ont décidé de donner une suite judiciaire aux accusations ainsi portées, devant la justice de notre pays", explique l’officier supérieur.
Environ 800.000 personnes, selon l’ONU, essentiellement parmi les minorités tutsie et les Hutus modérés, ont été tuées pendant le génocide d’avril à juillet 1994 au Rwanda, planifié et exécuté par les extrémistes hutus.

"Les soldats français ont rempli de manière digne et exemplaire, sous les yeux de nombreux observateurs, la mission qui leur a été désignée au Rwanda par le gouvernement et le président de la République. Les Nations Unies et la Communauté internationale leur en ont donné acte en 1994", explique l’officier supérieur.

"En 1998, une commission parlementaire française a écarté toute ambiguïté possible sur leur action", poursuit le général en qualifiant les accusations portées d’"indignes et d’inacceptables".

"Je pense que ce rapport est la réponse du président (rwandais Paul) Kagame aux accusations portées par la France sur son implication dans l’attentat contre Habyarimana (ancien président rwandais). Pour moi c’est très politique", avait estimé en août l’amiral Jacques Lanxade, chef d’Etat-major des armées à l’époque du génocide.

Kigali a rompu fin novembre 2006 ses relations diplomatiques avec Paris après que le juge Jean-Louis Bruguière a réclamé des poursuites contre M. Kagame pour sa "participation présumée" à cet attentat.

AFP

 

Le bal des faux témoins

 La tragédie du Rwanda excite la passion des faux témoins. Certains sont journalistes, ce qui naturellement aggrave leur cas. Ainsi peut-on lire aujourd’hui sous des signatures que notre conformisme qualifie d’«autorisées» une thèse honteuse selon laquelle l’armée française aurait été, dans les années 1990, une force «génocidaire».

 

Thèse honteuse car elle n’est pas seulement une déformation de la vérité mais très exactement sa négation. Ceux des Français qui la soutiennent, faux témoins providentiels, ne font que reprendre mot à mot, sans la précaution habituelle du conditionnel, la démarche rwandaise qui tend à faire oublier l’écrasante responsabilité des dirigeants actuels de Kigali dans le déclenchement des massacres.

Cette boue qu’il faut à tout prix rejeter parce qu’on la porte en soi, cette infamie qu’il faut faire déglutir à notre pays tout entier, ce remugle qui pue la vieille haine de soi est aujourd’hui à la mode.

C’est une mode qui s’adapte avec docilité à tous les défilés mondains, ceux dont raffolent les spectateurs de la bonne conscience. Il lui arrive de trouver parfois sa place dans les colonnes de journaux honorables.

C’est ainsi qu’abonné au journal Le Monde, dont le titre continue à évoquer pour ses lecteurs et pour moi-même une certaine forme de probité, je retrouve avec stupéfaction sous une plume française la démonstration laborieuse des autorités de Kigali tendant à faire porter à la France la responsabilité des ignominies commises au Rwanda au moment de l’opération Turquoise. « Nemo auditurpropriam turpitudinem ailegans », nous rappelle la règle de droit. Et pourtant !

!Je ne ferai que trois observations pour tenter de retrouver une certaine forme de dignité dans ce débat que certains déshonorent.

La première est simple : comme ministre d’État, ministre de la Défense, j’assume entièrement les responsabilités qui ont été alors les miennes. Que l’on n’aille pas chercher sur les épaules de tel ou tel militaire des fautes que l’autorité politique a le devoir – si elles existent – de prendre à son compte. J’éprouve, encore aujourd’hui, une très grande fierté d’avoir eu la charge d’une opération militaire, à huit mille kilomètres de nos frontières. Autorisée par l’ONU, elle a permis de sauver des milliers de vies humaines, Je ne laisserai pas, pour ma part, salir des officiers ou des soldats qui ont fait, dans des conditions très difficiles, leur devoir.

Ma deuxième observation est l’expression d’un étonnement. Comment se fait-il que le pouvoir d’aujourd’hui, à l’Élysée notamment, éprouve une timidité de jeune fille à soutenir l’honneur d’une République à laquelle il a participé ? Sa mémoire est-elle défaillante ? A-t-il le sentiment- si répandu par les temps qui courent- qu’il y aurait deux armées : celle d’avant et celle d’après ? Va-t-il bientôt présenter à M. Kagamé des excuses pour des fautes qui n’ont pas été commises ? La critique, post mortem, du président Mitterrand fait-elle partie d’un des nombreux outils de la discorde nationale ou de l’impératif de repentance ? A-t-il eu l’honnêteté de lire ce qu’ont écrit des journalistes africains (1), des responsables humanitaires, des autorités politiques ou religieuses connaissant par le cœur et la mémoire cette partie de l’Afrique ?

Ma dernière remarque est un refus. Je n’aime pas le mot « bavure ». C’est un mot d’écolier, Il laisse entendre, pour la police ou pour l’armée, qu’il y a dans un acte quelque chose qui déborde inévitablement, une maladresse, une encre ou un sang qui n’auraient pas été voulus.

Non. C’est le mot faute qui convient. Et s’il y a faute, il doit y avoir sanction. L’institution militaire, à la différence de beaucoup d’autres en France, sait ce que cela signifie.

Il y a des gens qui, par fonction, n’ont jamais les mains sales. Ils écrivent et les mots s’en vont à la rivière. C’est normal, nous disait Sartre : ils n’ont pas de mains. 

 

1. Charles Onana, Les secrets du génocide rwandais. Enquête sur les mystères d’un président, ed. Duboiris.

 

Rapport rwandais : vraiment pas sérieux

La lettre figure en page 295 du rapport de la « Commission nationale indépendante chargée de rassembler les preuves montrant l’implication de l’Etat français dans le génocide perpétré au Rwanda en 1994 ». Datée du 2 juin 1998, elle porte l’en-tête du commandement des opération spéciales du ministère de la Défense et la signature d’un certain colonel Gilles Bonsang, chef du 7e Rima, par ordre du Général Yves Germanos, « chef d’Etat Major des Forces spéciales ». Elle est adressée à trois personnes dont Léon « Habiarimana » (le nom s’écrit en réalité Habyarimana), le fils de l’ancien président rwandais que Paul Kagamé est soupçonné d’avoir fait tuer au cours d’un attentat visant l’avion à bord duquel il voyageait.
Que dit cette lettre ? Que, quatre ans après le génocide, l’armée française a décidé de renverser le dirigeant rwandais Paul Kagamé. Pour cela, elle annonce avoir débloqué 23 millions de francs pour financer l’Armée de libération du Rwanda, les ex-Forces armées rwandaises et les Interahamwe (milice rwandaise particulièrement active pendant le génocide) et prévu 57 lance-roquettes.
Pour Kigali, c’est bien entendu une preuve supplémentaire de l’implication de la France dans le génocide rwandais.
Le problème, c’est que ce document est truffé d’erreurs. Ainsi, non seulement le général Germanos se prénomme Raymond, et non « Yves », mais en plus, à cette date, il n’est pas du tout « chef d’Etat Major des Forces spéciales » mais chef du cabinet militaire du ministre de la défense.
Quant au 7e Rima, il n’existait plus, et Gilles Bonsang ne l’a jamais commandé.
Cela fait beaucoup de fautes pour un document d’une telle importance ! Mardi 12 Août 2008 – 13:38

Bénédicte Charles

Voir le site Marianne2

 

Le Rwanda accuse la France de participation au génocide

 

Brandi depuis des mois comme une épée de Damoclès par le pouvoir rwandais, le rapport sur le rôle de la France dans le génocide de 1994, publié mardi 5 août, est conforme à ce que les observateurs en attendaient. Long de 330 pages, il accumule les accusations contre l’action de la France au Rwanda avant, pendant et après les tueries ayant visé la minorité tutsie, qui firent près d’un million de victimes. La présentation des faits est tantôt distanciée, tantôt outrancière et teintée d’idéologie. » (…)

Présentation biaisée.

« Un graphique tente d’établir, de façon peu convaincante, une corrélation entre l’arrivée de renforts français et la recrudescence des violences ethniques. Les récits de viols, de tortures, d’exécutions sommaires commis par les militaires français ou avec leur aide se succèdent. Ils paraîtraient plus crédibles si certains épisodes déjà connus ne faisaient pas l’objet d’une présentation biaisée. »

Une liste de responsables susceptibles d’être poursuivis.

« En annexe logique de cette enquête à charge figure une liste de 33 responsables politiques et militaires susceptibles d’être poursuivis en justice ; outre François Mitterrand, décédé en 1996, elle comporte notamment Édouard Balladur, Alain Juppé et Hubert Védrine.(…) »
Laurent d’ERSU (7 août 2008) (Extraits réalisés par l’association France Turquoise, les sous titres sont de l’auteur.) 

 

Rapport dit »Mucyo ». Réaction du minDEF France

PARIS, 7 août 2008 (AFP)Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a jugé jeudi "absolument insupportables" les accusations de Kigali contre la France au sujet du génocide de 1994, et a assuré que les militaires français n’avaient "rien à se reprocher"."J’ai encore en mémoire ce qu’ont pu faire les militaires pour sauver des vies humaines par centaines et par milliers dans des conditions abominables", a déclaré sur RFI monsieur Morin, depuis la Colombie.Monsieur Morin était à l’époque collaborateur du ministre de la Défense François Léotard et avait accompagné ce dernier au Rwanda "quelques jours après la mise en place de l’opération Turquoise", a-t-il rappelé.Il a précisé ne pas avoir lu le rapport de la commission d’enquête, publié mardi à Kigali, qui accuse à nouveau la France d’avoir activement "participé" à l’exécution du génocide, et porte des accusations très lourdes contre des soldats français de l’opération militaro-humanitaire Turquoise (fin juin-fin août 1994)."Ce procès là est absolument insupportable pour la mémoire des militaires français qui ont participé à cette opération", a déclaré M. Morin."En tant que ministre de la Défense, je n’accepterai pas qu’on dise n’importe quoi sur les militaires français", a-t-il dit.Il a rappelé qu’une commission d’enquête parlementaire avait été menée en France sur le sujet. Elle "avait clairement montré que les militaires français n’avaient rien à se reprocher", a-t-il déclaré.

Rapport dit « Mucyo ». Réaction minAE France

PARIS, 6 août 2008 (AFP)

Le ministère français des Affaires étrangères a dénoncé mercredi des "accusations inacceptables" portées contre la France par une commission d’enquête rwandaise sur le génocide de 1994, tout en soulignant vouloir "construire une nouvelle relation" avec Kigali."Il y a dans ce rapport des accusations inacceptables portées à l’égard de responsables politiques et militaires français", a déclaré à la presse un porte-parole du ministère, Romain Nadal, précisant que le texte n’avait pas été communiqué à la France "pas les voies officielles".Le rapport d’une commission d’enquête, publié mardi à Kigali, accuse à nouveau la France d’avoir activement "participé" à l’exécution du génocide, et laisse entendre pour la première fois la possibilité de poursuites judiciaires contre d’anciens dirigeants politiques et responsables militaires français."On peut s’interroger sur l’objectivité du mandat confié à cette commission indépendante chargée par les autorités rwandaises de rassembler les preuves montrant l’implication de l’Etat français dans le génocide perpétré au Rwanda", a poursuivi monsieur Nadal.Mais "notre détermination de construire une nouvelle relation avec le Rwanda, au-delà de ce passé difficile, reste intacte", a souligné le porte-parole.Il a notamment rappelé certaines étapes accomplies en vue d’une réconciliation, comme la rencontre entre le président français Nicolas Sarkozy et son homologue rwandais Paul Kagame à Lisbonne en décembre dernier, et la visite du chef de la diplomatie Bernard Kouchner à Kigali, un mois plus tard."Nous continuons à placer notre relation avec le Rwanda dans cette perspective d’avenir", a insisté monsieur Nadal.

Au rang des 13 dirigeants français incriminés par le rapport, figurent notamment le président français de l’époque François Mitterrand, décédé depuis, et le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé.