Rwanda : soutien français aux instances impartiales et indépendantes

S’agissant des évènements survenus au Rwanda en 1994, la France a apporté une coopération constante et étroite à la justice à chaque fois qu’elle a été saisie :

  • par la justice française dans le cadre de l’information ouverte auprès du juge d’instruction du tribunal aux armées saisi de plaintes contre X du chef de complicité de génocide ;
  • par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda devant lequel quatre officiers français ont apporté récemment leur témoignage écrit et oral. La France a soutenu la création de cette juridiction au Conseil de Sécurité et entend comme elle le doit favoriser la conduite de ses investigations en toute indépendance.

 
Dans ce contexte, nous avons appris qu’une commission d’enquête rwandaise envisageait de se rendre en France pour procéder à des auditions de personnalités françaises. Chargée par les autorités rwandaises de « rassembler les preuves de l’implication de l’Etat français dans le génocide perpétré au Rwanda en 1994 », cette commission ne présente, de toute évidence, aucune garantie d’indépendance et d’impartialité.

La décision unilatérale prise par le Rwanda de rompre les relations diplomatiques avec la France ne nous paraît pas propice à la venue de cette commission dans notre pays qui ne lui reconnaît ni légitimité ni compétence pour y conduire ses auditions.

Entretien avec le général Lafourcade

Pourquoi sortez-vous de votre devoir de réserve ?

Ces attaques s’inscrivent dans le contexte récurrent da campagnes de diffamation contre l’action de l’armée française au cours de cette opération. Devant la gravité de ces accusations, nous avons décidé qu’il fallait assurer notre défense et rétablir la vérité. L’objet de l’association France Turquoise est de défendre les militaires éventuellement mis en cause et de contribuer à rétablir la vérité face à l’opinion.

Êtes-vous sûr de l’attitude de vos soldats ?

Lorsque l’on commande 3000 hommes déployés  sur l’équivalent de deux départements français, on ne peut évidemment être derrière chacun et vérifier ce qu’ils font. Il peut y avoir eu des fautes individuelles dont je n’aurais pas eu connaissance. Mais j’affirme que les soldats de Turquoise ont remarquablement rempli une mission difficile et éprouvante. Je suis sûr de la qualité de leur travail et de leur comportement d’ensemble.

Comment pouvez-vous en être si sûr ?

Il s’agissait de professionnels, compétents, disciplinés et expérimentés, agissant dans le cadre d’instructions claires et sans ambiguïtés. Ils ont aussi agi sous le regard de nombreux observateurs.

Lesquels ?

L’Opération Turquoise a été l’objet d’un déploiement médiatique exceptionnel. J’ai privilégié la transparence et l’accompagnement des unités sur le terrain par les journalistes. Les organisations internationales et humanitaires sont entrées avec nous dans la zone remplir leur mission en toute sécurité. A notre départ, toutes ont salué la qualité et l’efficacité de notre intervention.

Qu’attendez-vous de la justice française ?

Je souhaite que l’instruction se déroule normalement pour faire apparaître la vérité et, éventuellement, révéler les manipulations qui sous-tendent les accusations. S’il s’avérait que telle erreur ou telle faute avait été commise par un militaire, il reviendrait à la justice d’en tirer les conséquences. Mais, en aucun cas cela ne saurait justifier la campagne de dénigrement. Nous nous réservons la possibilité, le moment venu, de saisir la justice à l’encontre des auteurs de ces diffamations.

Le Rwanda dit que la France est « coupable de complicité de génocide »… . Je m’interroge sur les raisons de cet acharnement de Kigali ainsi que sur sa capacité à instrumentaliser certains esprits sensibilisés par la réalité dramatique du génocide. S’agit-il de détourner l’attention pour éviter d’examiner le processus d’accession au pouvoir du régime actuel et son implication dans l’attentat déclencheur du génocide ?

Redoutez-vous ces attaques ?

Absolument pas. Elles sont sans fondement, inspirées par une dialectique propre aux régimes totalitaires. Je suis en revanche sensible aux effets néfastes que ce message à sens unique, relayé par des organismes instrumentalisés, peut avoir sur l’opinion publique.

Le Général (2S) Jean-Claude Lafourcade Association France Turquoise

Rwanda : Les officiers français se défendent

« Ces accusations m’atteignent dans mon honneur de soldat », s’est élevé le colonel Jacques Hogard, vice-président de l’association, qui a récemment publié ses Mémoires de chef d’état-major de « Turquoise ». « Je suis fier de ce que nous avons fait au Rwanda », a affirmé l’officier.

La création de cette association coïncide avec la publication du rapport d’enquête du juge Bruguière sur l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du président rwandais de l’époque, Juvénal Habyarimana, événement considéré comme l’étincelle qui déclencha le génocide. En mettant directement en cause dans l’organisation de l’attentat Paul Kagamé, actuel président rwandais et ancien chef rebelle tutsi, le rapport Bruguière n’a pas seulement abouti à une rupture diplomatique entre Paris et Kigali. Il a aussi donné le signal de la contre-attaque aux soldats français, personnellement mis en cause dans la plus controversée des opérations françaises en Afrique, qui se raccrochent à ces révélations comme si la culpabilité de Paul Kagamé dans cet assassinat exonérait la France de toutes critiques à son encontre.

BOUC EMISSAIRE, car dans l’hystérie qui entoure depuis plusieurs années les débats sur l’affaire rwandaise, qui va de l’instrumentalisation grossière du génocide par Kigali jusqu’à la paranoïa des autorités françaises, promptes à cacher leurs erreurs derrière un complot « anglo-saxon » les militaires français de « Turquoise » se retrouvent dans la position du bouc émissaire. Envoyés dès 1990 à la rescousse d’un régime hutu qui dérivait déjà dangereusement vers la « solution finale de la machette », engagés dans des combats directs contre les rebelles tutsis anglophones venus d’Ouganda comme s’il s’agissait de venger la colonne Marchand à Fachoda, les militaires français ont dû ensuite pendant « Turquoise » tenter de sauver ce qui pouvait encore l’être à la fin d’un des épisodes les plus épouvantables de la fin du XXe siècle, auquel a assisté sans rien faire l’ensemble de la communauté internationale.

Ils risquent d’être demain les seuls à répondre devant les tribunaux des ambiguïtés et errements de la politique rwandaise de la France.

Adrien Jaulmes

L’enquête et les documents confidentiels

Chaque jeudi, www.geopolitique.com met en ligne des éléments de preuve pour dépasser les stratégies de communication des acteurs de l’actualité internationale, pour déchiffrer, pour comprendre.

Et tous les matins, nous traduisons des articles d’enquête parus dans la presse non-occidentale (russe, israélienne, arabe, chinoise…), pour profiter d’un panorama plus large sur le monde en marche.

La rédaction

La France et le drame rwandais

trombinoscope_colloque_senat_1220079h30 : Ouverture du colloque par Paul QUILES, ancien ministre, président de la Mission d’information parlementaire sur le Rwanda.

10h – 12h45  : Quel rôle a joué la France ? Président de séance : Henri WEILL, journaliste, écrivain.

– L’opération Turquoise, attendus, déroulement, bilan, analyse politique et stratégique, Général (2S) Jean-Claude LAFOURCADE, ancien commandant de l’opération Turquoise au Rwanda.

– Témoignage sur l’opération Turquoise, Jacques HOGARD, Commandant du Groupe sud de l’opération Turquoise au Rwanda du 30 juin au 21 août 1994, auteur de « Les larmes de l’honneur ».

– Rwanda 1990 – 1994, la stratégie du désastre, colonel de gendarmerie (er) Michel ROBARDEY, assistant technique « Police judiciaire » au Rwanda de septembre 1990 à septembre 1993.

– L’action de la France au Rwanda de 1990 à 1994 : les limites de l’engagement constructif, Jean-Marie VIANNEY NDAGIJIMANA, ancien ambassadeur et ancien ministre des Affaires étrangères du Rwanda.

– La France et le Rwanda, Xavier de VILLEPIN, sénateur honoraire, ancien président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des forces armées du Sénat.

14h45 – 17h30 : La perception des évènements et les leçons à en tirer. Présidente de séance : Raphaëlle DUFOUR, présidente de l’ONG « Dignité internationale ».

– Pour mieux comprendre… quelques questions impertinentes, Jacques GERARD, membre honoraire du Conseil économique et social.

– La propagande de Kigali relayée par les médias et les ONG, Pierre PEAN , écrivain, enquêteur.

– Médias et politique, Jean GUISNEL, journaliste au Point.

– Quelle justice pour les victimes de la tragédie rwandaise ?, Victoire Ingabire Umuhoza, présidente des Forces Démocratiques Unifiées (opposition rwandaise).

Témoignage d’un humanitaire, professeur Marc GENTILINI, professeur émérite des maladies infectieuses et tropicales, ancien président de la Croix Rouge française.

– Le génocide, entre identité contemporaine de la guerre et choix politique, Lionel POURTAU, sociologue, chercheur à l’Université de Paris V.

 17h30 : Conclusion par le Général  (2S) Henri PARIS, président de DEMOCRATIES.

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Politique menée par la France au Rwanda 1990 1994

 

GEOPOLITIQUE "Le débat" animé par Richard Labévière

5 mai 2007

"Politique menée par la France au Rwanda 1990 1994"

 

 

avec la participation de :

Monsieur Olivier Lanotte, Docteur en sciences politiques (relations internationales), spécialiste de l’Afrique centrale, chercheur au Centre d’études des crises et des conflits internationaux (CECRI) de l’université catholique de Louvain, auteur de l’étude "La France au Rwanda 1990 1994".

 

Général (2s) Jean-Claude Lafourcade, commandant de l’opération Turquoise (22 juin, 20 août 1994), président de l’association France Turquoise.

 

Première partie : {play}labeviere_rfi_1_050507.mp3{/play}

Deuxième partie : {play}labeviere_rfi_2050507.mp3{/play}


 

Rwanda : Des accusations inacceptables

Menée à la demande des Nations Unies, sous l’égide et sous le contrôle de l’ONU et de ses Agences, l’Opération Turquoise s’est déroulée sous le regard permanent de plus d’une centaine de journalistes français et étrangers, ainsi que sous celui de nombreuses ONG.

L’intervention de l’armée française a ainsi permis de sauver des milliers de vies, principalement de Tutsis. Elle a mis fin au génocide et maintenu une grande partie de la population à l’intérieur du Rwanda, tout en lui assurant un important soutien humanitaire.

L’action de la Force Turquoise a été largement saluée par l’ensemble de la communauté internationale qui demandait même à la France de prolonger son mandat.

L’outrance des propos tenus par le régime de Kigali suffit à discréditer leurs auteurs et conduit à s’interroger sur les véritables motivations de ceux qui portent de telles accusations et de ceux qui les soutiennent.

Paris, le 10 Avril 2007

Le discernement nécessaire sur le Rwanda.

Revenons sur les faits. Suite à l’attentat du 6 Avril, l’essentiel de la force de l’ONU (MINUAR) s’étant retirée, près de 800000 personnes en majorité des tutsis sont massacrées par les hutus sans que la communauté internationale intervienne. Fin Juin, la France est mandatée par l’ONU pour l’envoi d’une force plurinationale neutre d’interposition : c’est l’opération Turquoise . L’action de la France est naturellement suivie sur le terrain, souvent avec suspicion, par de très nombreux observateurs français et étrangers (médias, ONG etc.…). Il est trop tard pour empêcher le génocide, mais Turquoise permet d’y mettre fin en sauvant plusieurs dizaines de milliers de vies. Elle fixe sur le territoire une grande partie de la population fuyant vers le Zaïre, face à l’avancée de l’armée du FPR (tutsis de l’extérieur), commandée par le Général Kagamé, qui met en déroute celle du régime en place. Malgré plusieurs appels à la trêve, celui-ci poursuit son offensive, provoquant la fuite des populations qui engendre une grave épidémie de choléra. Le bilan de Turquoise est à l’époque largement salué à l’ONU et dans les médias du monde entier.

Mais voici que 10 ans après ces évènements, des plaintes, étonnamment tardives, sont déposées contre l’action de soldats français au Rwanda qui se seraient rendus « complices du génocide ». Parallèlement des campagnes de presse développent le thème selon lequel Turquoise n’aurait servi qu’à couvrir la fuite des génocidaires.

Naturellement, si des fautes avaient été commises, il reviendrait à la Justice de les sanctionner. Mais j’affirme qu’il n’y a eu aucune ambiguïté dans les instructions données et dans la façon dont elles ont été exécutées. Dire que l’Armée Française a agi en complice du génocide est faux et diffamatoire. C’est pourquoi j’ai créé l’Association France-Turquoise. Son objet est de défendre les militaires injustement attaqués et de contribuer à l’établissement de la vérité sur ce drame .

Car dès 1994 je me suis posé des questions sur la stratégie du Général Kagamé :- intervention inexplicablement tardive de son armée pour secourir les Tutsis de l’intérieur – refus de tout cessez-le-feu malgré les demandes répétées de l’ONU, de l’armée vaincue et du commandant de Turquoise – volonté d’expulser la population au Zaïre en favorisant ainsi la fuite des génocidaires… Face à l’impossibilité de prendre le pouvoir par la voie démocratique initiée par les accords d’Arusha, la solution n’était-elle pas une conquête militaire par la force, au prix de massacres prévisibles enclenchant le processus incontrôlable ? Ce point central est au cœur du sujet. Car, comme le notait Carla del Ponte, ancien Procureur du Tribunal Pénal International pour le Rwanda : s’il s’avérait que « c’est le FPR qui a abattu l’avion, il faudrait réécrire l’histoire du génocide ». Ce qui ne consiste nullement à nier celui-ci.

Devant la menace d’une instruction judiciaire, le régime de Kigali a préventivement contre attaqué : outre les violentes critiques et les plaintes mentionnées, en créant une commission d’enquête interne destinée à montrer l’implication de la France dans le génocide, dont la mission et les conclusions sont ainsi fixées à l’avance.

Jouant sur l’émotion que suscitent de telles horreurs et s’appuyant efficacement sur des relais d’opinion très bien organisés, M. Kagamé fera tout pour attiser la culpabilité de l’opinion et accuser la France. Je constate que ce sont les mêmes qui condamnent l’inaction de la communauté internationale et fustigent celle de la France, qui a eu seule le courage d’intervenir. Les mêmes qui déplorent l’inaction de la Justice internationale, mais récusent l’action de la Justice française, parce qu’elle n’a pas conclu dans le sens souhaité par ceux qui voulaient l’empêcher d’enquêter.

Oui, les responsabilités engagées dans cet attentat, générateur des violences qui ont mené au génocide, doivent être portées devant la Justice Internationale. Mais il faut s’attendre à de nouvelles instrumentalisations de la Justice et de la population rwandaise. Devant de nouvelles accusations contre les soldats de Turquoise, qui ne sauraient tarder, il faudra alors aux médias et aux citoyens français faire preuve de beaucoup de sens critique et de discernement.

Rwanda : interview de Paul Quilès dans Libération le 24 novembre 2006

Comment réagissez-vous à cette décision?
Je ne suis pas étonné. A l’époque de la Mission d’information, nous savions qu’il y avait une zone d’ombre dans l’origine de l’attentat du 6 avril 1994. Nous avons demandé que la justice se saisisse de cette affaire au plus vite pour comprendre qui était à l’origine de ce qui a déclenché le génocide. Nous avions retenu deux hypothèses: celle d’une action des extrémistes au sein des Forces armées rwandaises (hutu) ou celle du Front patriotique rwandais (FPR) de Kagamé. Nous ne tranchions pas, mais les présomptions pesant sur le FPR étaient assez fortes.

En quoi consistaient-elles?
Il y avait des arguments techniques et politiques. Nous savons que le FPR possédait des missiles sol-air, retrouvés dans une «série» ougandaise (l’Ouganda était un allié proche du FPR, ndlr) De plus, nous avons noté une volonté délibérée chez les responsables rwandais, politiques et militaires (issus du FPR, ndlr), de dissimuler la vérité sur la possession de ces missiles. Par ailleurs, nous avions prévu d’entendre un ancien compagnon de route du FPR. Mais il a été mystérieusement assassiné…

Et la piste hutue?
Nous n’excluions pas que des extrémistes hutus, opposés à l’application des accords de paix d’Arusha (entre tutsis et hutus, parrainés par la France, ndlr), aient voulu se débarrasser du président Habyarimana. Mais au lendemain de l’attentat, il est apparu que ces extrémistes étaient totalement désarçonnés. Reste que, sur le plan technique, ils possédaient eux aussi des missiles sol-air.

Sans surprise, Paul Kagamé a réagi très vivement aux accusations du juge Bruguière. Pensez-vous qu’un point de non-retour a été atteint entre la France et le président rwandais ?
Kagamé n’a jamais hésité à s’appuyer sur le drame du génocide pour asseoir son pouvoir. Il en fait porter la responsabilité – au-delà des Rwandais eux-mêmes – aux puissances étrangères, notamment à la France. La Mission parlementaire a fait justice de cette accusation. Il ne faut jamais oublier – malheureusement – que ce sont des Rwandais qui ont massacré d’autres Rwandais.

Paul Quilès Libération 24 novembre 2006

Rwanda : une mise en cause fondamentale

Elles mettent en évidence la responsabilité directe du proche entourage du Chef du Front Patriotique Rwandais (FPR), actuellement au pouvoir au Rwanda, dans le déclenchement du terrible génocide intervenu en 1994 dans ce pays.  Cette annonce confirme ainsi les témoignages et indices convergents, déjà révélés par de nombreux témoins et observateurs, cet attentat paraissant bien s’inscrire dans une stratégie planifiée de prise militaire du pouvoir. L’instruction du juge Jean-Louis Bruguière apporte des données radicalement nouvelles, permettant de mieux comprendre l’enchaînement des très graves événements qui se sont déroulés à cette époque au Rwanda et d’éclairer d’un jour nouveau l’ensemble de cette tragédie.  Comme le déclarait Carla Del Ponte, ancien Procureur du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), s’il s’avérait que « c’est le FPR qui a abattu l’avion, il faudrait réécrire l’histoire du génocide ».    Cette information apporte un éclairage essentiel sur les accusations diffamatoires portées contre l’action de l’Armée Française et des militaires français dans le cadre de l’opération Turquoise de 1994, qui avait permis de mettre fin au génocide en sauvant de très nombreuses vies. 

Le 21 novembre 2006

Pour l’association France TurquoiseJacques Hogard, porte-parole.

 

 Consultez le rapport du juge Bruguière dans son intégralité

 

Lire l’interview de monsieur Paul Quilès dans Libération