PARIS, 6 août 2008 (AFP)
Le ministère français des Affaires étrangères a dénoncé mercredi des "accusations inacceptables" portées contre la France par une commission d’enquête rwandaise sur le génocide de 1994, tout en soulignant vouloir "construire une nouvelle relation" avec Kigali."Il y a dans ce rapport des accusations inacceptables portées à l’égard de responsables politiques et militaires français", a déclaré à la presse un porte-parole du ministère, Romain Nadal, précisant que le texte n’avait pas été communiqué à la France "pas les voies officielles".Le rapport d’une commission d’enquête, publié mardi à Kigali, accuse à nouveau la France d’avoir activement "participé" à l’exécution du génocide, et laisse entendre pour la première fois la possibilité de poursuites judiciaires contre d’anciens dirigeants politiques et responsables militaires français."On peut s’interroger sur l’objectivité du mandat confié à cette commission indépendante chargée par les autorités rwandaises de rassembler les preuves montrant l’implication de l’Etat français dans le génocide perpétré au Rwanda", a poursuivi monsieur Nadal.Mais "notre détermination de construire une nouvelle relation avec le Rwanda, au-delà de ce passé difficile, reste intacte", a souligné le porte-parole.Il a notamment rappelé certaines étapes accomplies en vue d’une réconciliation, comme la rencontre entre le président français Nicolas Sarkozy et son homologue rwandais Paul Kagame à Lisbonne en décembre dernier, et la visite du chef de la diplomatie Bernard Kouchner à Kigali, un mois plus tard."Nous continuons à placer notre relation avec le Rwanda dans cette perspective d’avenir", a insisté monsieur Nadal.
Au rang des 13 dirigeants français incriminés par le rapport, figurent notamment le président français de l’époque François Mitterrand, décédé depuis, et le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé.
A l’issue de l’opération Turquoise les Nations Unies ont souligné que la France avait rempli avec succès tous les objectifs qui lui avaient été fixés. Les nombreux témoins sur le terrain de l’action des militaires de Turquoise, comme ceux qui portent un intérêt à cette affaire, ne sauraient rester indifférents à une telle falsification des faits.
Pour l’auteur la violente tragédie de 1994 au Rwanda ne résulte pas d’évènements conjoncturels ni soudains. En analysant l’histoire du Rwanda depuis 1898 il décrit la rivalité grandissante entre les Hutu et les Tutsis que ni la colonisation, ni les actions de l’Eglise catholique, ni l’indépendance et l’avènement d’une république n’ont pu conjurer. En effet l’auteur soutient la thèse que la société rwandaise reste profondément marquée jusqu’à ce jour par un code ésotérique « Ubwiru » qui par ses règles implicites maintient la société rwandaise dans une logique de clivage ethnique, de relations ambiguës, de jeu d’intérêt divergents et en définitive de haine derrière une fraternité de façade.
LA FRANCE AU RWANDA (1990_1994).