Interview du Général Lafourcade par Spectacle du Monde

« Le général Jean-Claude Lafourcade a dirigé du 22 juin au 22 août 1994 l’opération Turquoise, sous mandat de l’ONU pour mettre fin au génocide rwandais. Depuis cette date, les militaires français sont régulièrement accusés de complicité dans le génocide rwandais. Plus le mensonge est gros, plus il passe. Si l’ancien commandant de la Force Turquoise est sorti de son devoir de réserve, c’est pour rétablir la vérité et rappeler que l’armée française fut la seule à intervenir au Rwanda et à sauver des vies humaines.

 

Propos recueillis par François Bousquet

 

Qu’est-ce qui vous a conduit à écrire Opération turquoise. Rwanda, 1994, plus de quinze ans après les faits ?

 

J’ai constaté un grand décalage entre ce que j’ai vécu comme commandant d’opération au Rwanda en 1994 et ce que les médias rapportaient. Autrement dit, la réalité du terrain était en totale contradiction avec l’affirmation de complicité dans le génocide rwandais, légende que je qualifie de monstrueuse, lancée par Kigali, la capitale du Rwanda, et relayée en France par certains journalistes et collectifs engagés. Je craignais que cette fausse vérité s’inscrive dans la mémoire collective française. J’avais donc un devoir de témoigner. Je l’ai fait, en appuyant mon témoignage sur des faits solidement établis. Je constate que, finalement, la perception du génocide évolue peu à peu dans l’opinion et que ceux qui nous accusent depuis Kigali de crime contre l’humanité sont bien moins innocents qu’on ne l’a dit.

 

Reprenons les faits. Le 6 avril 1994, le président rwandais Juvénal Habyarimana, Hutu, est tué. C’est le début du génocide, qui fait, en quelques semaines, au moins 800 000 morts. Pourquoi la force des Nations Unies, présente sur place, s’est-elle retirée juste après le début des massacres ?

 

On touche, ici, l’élément essentiel du dossier. Pourquoi l’ONU, à travers le Conseil de sécurité, a-t-elle choisi de retirer, dix jours après le début des massacres, 90 % de la Minuar (Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda), forte de 2 200 soldats, et dont on peut penser qu’elle aurait pu arrêter le génocide ? C’est la grande interrogation sur laquelle la communauté internationale doit se questionner, beaucoup plus que sur l’action de la France. Huit soldats belges avaient certes été tués. L’émotion ayant été vive en Belgique, on conçoit que Bruxelles ait souhaité retirer son contingent. Mais pourquoi le retrait de la quasi-totalité des autres soldats de la Minuar ? Pour répondre à cette question, il faudra bien un jour interroger les Anglo-Saxons, et spécialement les Etats-Unis, dont la voix est prépondérante au Conseil de sécurité. Sinon comment expliquer le retrait des troupes de la Minuar, qui a laissé le champ libre aux assassins et à une stratégie de conquête du pouvoir par Paul Kagamé, à la tête du Front patriotique rwandais (FPR), composé de Tutsi ?

 

Ce qu’on oublie de rappeler…

 

Dans leur progression, les troupes de Kagamé ont commis quantité d’exactions et de massacres. Ce qui a eu pour effet d’entraîner un exode massif vers le Sud-Ouest du pays et le Zaïre voisin. Quand le FPR a eu guerre gagnée, les Forces armées rwandaises (FAR), composées de Hutu, n’ayant plus de munitions et demandant un cessez-le-feu, je suis personnellement intervenu auprès de Kagamé pour qu’il arrête les combats, car il avait de fait gagné la guerre. Il aurait ainsi épargné un exode des populations vers le Zaïre. Le Représentant Spécial des Nations Unies ainsi que les associations humanitaires ont formulé une même demande. Kagamé n’a jamais voulu entendre ces appels, refoulant un million de personnes au Kivu avec pour conséquence une épidémie de choléra et des dizaines de milliers de morts. En revanche, la zone humanitaire contrôlée par la force Turquoise a permis de protéger et de  fixer dans le sud ouest du Rwanda trois à quatre millions de réfugiés, évitant ainsi un nouvelle catastrophe humanitaire.

 

Comment en est-on venu à mettre au point l’opération Turquoise. Et pourquoi la France seule y a-t-elle participé ?

 

De tous les pays, la France était, à l’évidence, la moins bien placée pour intervenir au Rwanda, ayant fourni une assistance aux FAR lors de l’invasion  FPR-Ougandaise en 1990, même si elle a tout fait pour que les parties en présence cessent les combats. C’est sous l’impulsion de la France que les accords d’Arusha, entérinant un partage du pouvoir entre les FAR et le FPR, ont été signés fin 1993. L’armée française  a alors quitté le Rwanda. Mais l’attentat contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana en 1994 a mis fin au processus de paix. Toute la question est de savoir qui en est le commanditaire.  L’entourage de Kagamé et le FPR semblent mis en cause dans le cadre d’une stratégie de conquête du pouvoir.

 

Deux enquêtes, celle du juge Jean-Louis Bruguière, en France, et celle du juge Fernando Andreu Merelles, en Espagne, aboutissent à cette conclusion…

 

Tous les éléments vont dans ce sens et remontent vers Kagamé. On peut donc penser que le FPR est à l’origine de cet attentat, mais je n’ai pas accès aux dossiers d’instruction.

 

Que répondez-vous à l’accusation lancée par l’un de vos soldats, l’adjudant-chef Thierry Prungnaud, selon lequel il aurait été empêché par sa hiérarchie, après sa découverte d’un charnier le 27 juin 1994, de se rendre à Bisesero, où étaient réfugiés de nombreux rescapés tutsi, qui allaient mourir ?

 

J’ai déjà eu l’occasion de m’inscrire en faux contre les assertions de M. Prungnaud. Tout indique qu’il est instrumentalisé.  Des journalistes, qui étaient sur place, m’ont dit contester sa version où il veut se donner le beau rôle. Nous avons démontré au cours de l’opération notre volonté de protéger au plus vite les populations menacées. Mais, les premiers jours de notre arrivée, nous disposions de très peu de troupes, sans certitude sur les intentions du FPR, qui proclamait qu’il allait nous combattre. Dans ce contexte menaçant, il nous fallait au préalable sonder le terrain, tout en prenant un minimum de mesures de sécurité pour nos soldats. On a ainsi perdu quarante-huit heures, le temps d’acheminer les troupes par avion. On oublie par ailleurs que la plupart des victimes qui y ont été massacrées à Bisesero l’ont été bien avant que nous ayons été informés du drame.

 

Les accusations de Kigali contre l’armée française ne tiennent pas la route, puisqu’on vous reproche, ni plus ni moins, « d’avoir pleinement pris en charge le projet génocidaire »…

 

Ces accusations récurrentes de Kigali sont une manière de détourner l’attention. Il suffit d’en prendre connaissance pour voir à quel point elles sont ubuesques. On va de faux témoignages en contrevérités. N’oublions pas qu’elles proviennent d’un régime totalitaire. Ce n’est pas moi qui le dit, mais tous les spécialistes de l’Afrique des Grands Lacs. Selon le quotidien allemand Kotch le récent rapport de l’Onu sur les massacres au Zaîre en 96-98 montre que Kagamé est un des dictateurs les plus sanguinaires du continent. Comment faire advenir la vérité avec les régimes totalitaires ? C’est tout le problème pour un bon exercice des justices des pays démocratiques.

 

Vous avez dû être conforté par les révélations faites par l’ancien procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), Carla Del Ponte, disant qu’elle a été convoquée en mai 2003 à Washington pour qu’elle laisse le soin de l’enquête sur les crimes attribués au FPR aux autorités judiciaires locales, autrement dit aux gens du FPR, juges et parties ?

 

Je ne connais pas suffisamment le dossier. Je constate seulement qu’au Liban, le Premier ministre Rafic Hariri a été assassiné et qu’un tribunal spécial, sous mandat de l’ONU, s’est vu chargé de l’enquête. Or, au Rwanda, où, rappelons-le, deux présidents, celui du Burundi et du Rwanda, ont été assassinés le même jour dans le même avion, aucune enquête de l’ONU n’a été diligentée. C’est pour le moins suspect. Y aurait-il quelque chose à cacher ? Est-ce lié à la conquête du pouvoir par le FPR ? Je n’en sais rien, mais je m’interroge sérieusement. Si le TPIR a bien reçu mandat de juger les auteurs du génocide, c’est-à-dire essentiellement les Hutus, pourquoi n’a-t-il pas été saisi de toutes les exactions commises, de quelque camp qu’elles proviennent ? Car les exactions commises par le FPR, et il y en a eu, n’ont fait l’objet d’aucune poursuite pénale. Notez au passage que, dans les milliers de pièces et de témoignages recueillis par le TPIR, on ne trouve aucun élément à charge contre l’armée française.

 

Dans ce contexte, comment avez-vous perçu les déclarations de Nicolas Sarkozy, disant en début d’année, lors d’une visite au Rwanda, que des « graves erreurs » (et « une forme d’aveuglement ») ont été commises par la France ? Paris ménagerait-il Kigali ?

 

La reprise des relations diplomatiques avec le Rwanda est une bonne chose. Cela étant dit, je regrette le silence du Président de la République sur ce dossier, alors que le gouvernement rwandais n’a cessé de nous accuser de crime contre l’humanité et de complicité de génocide. Dès lors qu’il y a silence de l’Elysée sur ces accusations infamantes contre les militaires français, on peut penser qu’elles sont entérinées par le chef de l’Etat qui est aussi le chef des armées.

 

Avec le recul, comment jugez-vous l’opération Turquoise ? Y a-t-il des choses que vous auriez fait différemment ?

 

L’opération militaire n’était pas en elle-même compliquée. On a sans difficultés arrêté les massacres et désarmé les assassins. L’opération Turquoise venait certes trop tard mais la faute ne nous en incombe pas. Nous avons sauvé 20.000 à 30.000 vies. C’est peu au regard du génocide mais toute vie compte. Nous avons protégé trois à quatre millions de réfugiés dont nous avons surtout réussi à éviter l’exode massif vers le Zaïre. Mon regret, c’est de ne pas avoir mesuré tout de suite l’impact extrêmement nuisible de la radio des Mille collines. Nous avons mis une dizaine de jours de trop pour la neutraliser par des moyens de brouillage que nous avions fait venir de France. Cette radio a été dévastatrice. C’est elle qui a embrayé et accéléré le génocide.

 

Général Jean-Claude Lafourcade, Opération Turquoise. Rwanda, 1994, Perrin, 228 p., 18 €. »

Opération Turquoise : Mr Alain Juppé s’engage

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Début de citation

 

"Mon Général,

 

J'ai lu avec beaucoup d'attention l'article que vous avez publié dans le Monde le 20 mai dernier sous le titre « Ma vérité sur l'opération « Turquoise » au Rwanda ».

 

Je tiens à vous redire que votre vérité est aussi la mienne.

 

Comme j'ai eu l'occasion de le déclarer devant la mission d'information parlementaire de notre Assemblée Nationale en 1998, je suis scandalisé par la tentative de réécriture de l'histoire qui vise à faire porter sur la France tout ou partie de la responsabilité de l'abominable génocide rwandais.

 

Sous l'autorité d'Edouard Balladur, le gouvernement français a tout fait en 1993 et en 1994 pour encourager la réconciliation entre les forces politiques rwandaises qui se déchiraient.

 

Nos efforts ont permis la conclusion des accords d'ARUSHA dont la mise en œuvre a commencé au début de 1994.

 

Après l'attentat qui a coûté la vie aux Présidents Rwandais et Burundais et qui a été suivi par le déclenchement de la tragédie, la France a été l'une des premières puissances à dénoncer le génocide.

 

Devant la carence de la communauté internationale qui s'était traduite à la fois par le retrait des casques bleus du Rwanda et l'inaptitude du conseil de sécurité des Nations Unies à prendre les initiatives souhaitées par leur Secrétaire Général, la France a été la seule à s'engager dans l'action humanitaire de protection des populations.

 

Ce fût l'opération « Turquoise » qui a été menée dans le strict respect du mandat que nous avions reçu du conseil de sécurité des Nations Unies. Nos soldats, comme vous l'écrivez, ont agi avec courage, loyauté et abnégation et ont sauvé des dizaines de milliers de vies.

 

Comme je l'ai déclaré devant la mission d'information parlementaire, l'opération « Turquoise » fait honneur à la France et à son armée.

 

Je tenais à vous redire ce que j'ai déjà eu l'occasion de déclarer publiquement et à vous apporter mon total soutien.

 

Vous pourrez faire de cette lettre l'usage public que vous jugerez utile. […]    Alain Juppé "

 

Fin de citation

 

Ecouter l'interview de monsieur Alain Juppé à l'occasion du dixième anniversaire du génocide au Rwanda (avril 2004)

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Revue de presse Général Lafourcade

Ma vérité sur l’opération « Turquoise » au Rwanda, par Jean-Claude Lafourcade

Depuis plusieurs années, la thèse d’une participation des militaires français au génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda est propagée et s’insinue dans les esprits. Les soldats de la force « Turquoise » sont accusés de complicité passive, mais aussi de viols, de tortures et même de participation directe aux massacres.
Ainsi donc, en 1994, les très nombreux témoins présents sur place – journalistes, membres des ONG et des organisations internationales – auraient-ils fermé les yeux ? Car pas un article, pas un commentaire, n’a relaté à l’époque cette prétendue complicité criminelle.La mission d’information parlementaire française en 1998, puis les travaux du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) ont montré la fausseté de ces allégations.
Environ 2 500 soldats français, pourtant expérimentés et endurcis, furent sur place confrontés à un drame auquel personne n’avait été préparé. Avec courage, loyauté et abnégation, ils ont oeuvré en bonne entente et efficacement avec les ONG, sauvé des dizaines de milliers de Tutsi, lutté contre le choléra, désarmé des milices, jugulé les flux de millions de civils hutu qui fuyaient devant le FPR de Paul Kagamé. Tout ne fut pas parfait, évidemment. Dans ce pays montagneux, nous n’étions pas assez nombreux pour secourir dans l’urgence tous ceux qui en avaient besoin. Et nous l’avons fait seuls. Aucune autre grande nation n’eut le courage d’intervenir.
Commandant de la force « Turquoise », je sais que nous avons agi en conscience, dans le respect d’un mandat clair, pour l’honneur de notre pays. Ces rumeurs sont indignes et salissent les hommes que j’ai eu l’honneur de commander.
De manière constante, le régime de Kigali a accusé notre pays et son armée d’avoir été directement impliqués dans le génocide des Tutsi. Cette thèse à charge est étonnamment relayée en France par certains. Alors que les relations diplomatiques ont été récemment renouées, ce qui est positif, aucune déclaration officielle n’a clairement démenti ces graves accusations, les laissant s’inscrire dans la mémoire collective.
L’HONNEUR BAFOUÉ
Aujourd’hui, le silence des plus hautes autorités de l’Etat peut laisser penser que ces accusations sont fondées. Validées implicitement, elles resteront dans l’histoire. Si ces accusations sont infondées, elles doivent être dénoncées. Et les militaires français attendent toujours que la justice se prononce sur les très étonnantes plaintes déposées contre eux il y a plus de quatre ans, laissant le doute s’installer dans l’opinion.Face à une version travestie des faits, la parole du chef des armées est essentielle pour que soit rétablie clairement la vérité sur l’opération « Turquoise ». La raison d’Etat ne pourrait justifier que l’honneur des militaires reste bafoué et la vérité historique falsifiée.

Jean-Claude Lafourcade est général (cadre de réserve), et l’auteur d' »Opération Turquoise » (Perrin, 216 p. , 18 €).

Opération Turquoise

 

 

 

Dans une situation particulièrement complexe, le général commandant en chef, comme le simple exécutant, doivent faire à chaque instant des choix douloureux entre le souhaitable et le possible.

 

Pour terminer, le général Lafourcade pose les questions lancinantes qui restent sans réponse :

 

Pourquoi les français étaient ils seuls pour mettre fin à un génocide ?

 

Comment peut-on aujourd'hui accuser les militaires de Turquoise d'avoir participé à ce génocide alors que toutes les opérations se sont passées sous l'œil de très nombreux journalistes internationaux et en présence d'une centaine d'ONG qui ont reconnu à l’époque l’aspect positif de l’opération?

 

Que penser du silence actuel des plus hautes autorités de l'état français ?

 

Par son témoignage, le général Lafourcade ne veut pas que le moindre doute s’inscrive dans l’histoire.

AS

Editions Perrin, 216 pages, 18€

 

 Le général Lafourcade parle de son livre et répond aux questions de CF.

Mai 2010 4' 28" {mp3}lafourcadeok2{/mp3}

 


 

L' AFP vérifie-t'elle ses sources ?

Communiqué du général Lafourcade 12 avril 2010

 

Le général Jean-Claude Lafourcade, qui a commandé l'Opération Turquoise dépêchée au Rwanda en 1994 afin d‘arrêter les massacres dans ce pays où se perpétrait un génocide, s'élève en faux contre les récentes déclarations de l’adjudant-chef Prungnaud, reprises par l’AFP, concernant le rôle que celui-ci aurait joué en désobéissant aux ordres, dans la découverte des massacres de Tutsis à Bisesero le 30 juin 1994.

 

Si l'adjudant-chef Prungnaud figurait bien au sein du groupe de commandos marine qui a effectué la première reconnaissance dans cette région, c'est en réalité, comme l’a toujours affirmé le capitaine de corvette Marin Gillier chef du commando, un autre membre de cette unité qui, dans le cadre de sa mission, a découvert l’ampleur du drame trois jours plus tard et alerté le commandement. En aucun cas et à aucun moment, l’adjudant chef Prungnaud n’a pu agir en désobéissant aux ordres.

 

Pour accréditer ses dires, l’adjudant-chef Prungnaud prétend aussi que ses officiers l’auraient informé que les Hutu étaient victime des Tutsi. En annexe du livre du général Lafourcade, Opération Turquoise (aux éditions Perrin), on trouvera le premier ordre d’opération signé de ce dernier qui signale clairement qu’il s’agit d’« un génocide perpétré par certaines unités rwandaises et par des miliciens hutus à l'encontre de la minorité tutsi ».

 

Le Général réfute ces nouvelles mises en cause dont sont l'objet les militaires français : « Beaucoup de nos hommes sont rentrés traumatisés par ce qu'ils ont vu au Rwanda. On le serait à moins, mais cela ne justifie en aucuns cas de la part de M.Prungnaud de fausses versions des faits », a souligné le général Lafourcade.

Des officiers de France Turquoise à l’honneur

Sont élevés au grade d’officier de la Légion d’Honneur les colonels (cr) : Jacques Hogard ancien chef du Groupement Sud Turquoise (Cyangugu), Jean-Jacques Maurin ex-chef adjoint des opérations au Rwanda auprès de l’attaché de défense, Michel Robardey ancien conseiller technique pour la gendarmerie nationale rwandaise (criminologie) et Etienne Joubert chef du DAMI Panda (1992-1993), puis chef des opérations Turquoise Gikongoro.
Sont promus commandeurs dans l’Ordre National du Mérite les colonels (cr) : Cussac, Galinié et de Saint Quentin.

 

Le président de l’association France Turquoise félicite vivement les officiers promus pour cette distinction dont ils peuvent éprouver une légitime fierté.
La République leur rend hommage pour les éminents services rendus à la France, en particulier au Rwanda, répondant ainsi clairement aux inacceptables mises en cause portées contre eux pour leur action dans ce pays.

Général Lafourcade

Républicain Lorrain 26 mai 2010

Avec le recul, le général retient surtout de cette intervention un contexte particulièrement difficile : « les massacres ont débuté après l’assassinat du président rwandais le 6 avril  1994. Huit jours après, l’ONU décide de retirer 2000 soldats qui devaient encadrer le partage de pouvoir entre Hutus et Tutsis. La France a ensuite ramé pendant deux mois pour obtenir l’autorisation de mener l’opération Turquoise. Je pense que cette responsabilité écrasante de la communauté internationale n’a pas été assez dénoncée. »

Par le biais de son livre, Jean-Claude Lafourcade voudrait mettre définitivement fin aux accusations de complicité de génocide et de crime contre l’humanité. Il regrette le silence des plus hautes autorités de l’Etat dans cette affaire. « En reprenant les relations diplomatiques avec le Rwanda sans démentir  les accusations faites contre les militaires français, Nicolas Sarkozy entérine cette rumeur » affirme-t-il.

Et il conclut : « Depuis 2005 des ressortissants rwandais ont porté plainte contre les militaires français. Ces procédures n’ont pas encore abouti et cela renforce la suspicion à notre égard. Je souhaite que ces affaires soient enfin jugées pour que l’on puisse prouver qu’on n’avait rien à se reprocher pendant notre intervention au Rwanda. »

R. da S.

Transcription d’un article du « Républicain Lorrain » le 26 mai 2010

Comment un film de fiction instrumentalise l’histoire

« Opération Turquoise » est un film bien fait et bien joué. Reflétant correctement l’ambiance et l’environnement de cette opération, il « colle à la réalité ». La chronologie, les événements, les lieux, sont très proches du déroulement de l’opération et les personnages principaux, officiers des Forces Spéciales notamment, sont aisément identifiables.

Mais si le film montre avec réalisme un aspect limité de l’opération, il donne une présentation fausse et tendancieuse de l’attitude et de l’action des militaires français. Ces derniers apparaissent hésitants, remplis de doutes et peu convaincus du bien fondé de leur engagement. Au motif de liens antérieurs établis, ils affichent un manque d’objectivité dans l’exécution de cette mission présentée comme ambiguë et imprécise. Certains événements réels, tels que ceux qui se sont passés à Bisesero et à Butaré, sont modifiés en appui de la thèse générale du film qui se dégage au fur et à mesure de sa projection : les soldats de l’opération Turquoise n’ont pas tout fait pour arrêter les massacres car ils étaient complaisants avec les génocidaires. On suggère ainsi qu’ils ont peut être été complices du génocide.

 La réalité est toute autre et je tiens à réaffirmer des vérités incontestées en 1994 à l’issue de l’opération : la force Turquoise, qui agissait avec un mandat très clair de l’ONU, a arrêté les massacres  en pénétrant dans le Sud Ouest du Rwanda dés le 20 juin 1994 et sauvé des milliers de vies, ce qui n’apparaît nullement dans le film. Puis elle a désarmé les miliciens et les Forces armées rwandaises (FAR) qui se trouvaient dans la zone de sécurité créée (ZHS). Outre un soutien humanitaire important, elle a surtout permis de fixer dans le Sud Ouest du Rwanda trois millions de réfugiés qui fuyaient au Zaïre devant l’avance du Front Patriotique Rwandais (FPR) du général Kagamé risquant de provoquer une nouvelle catastrophe politique et humanitaire.

Je récuse l’insinuation, faîte dans le film, selon laquelle l’armée française aurait protégé les génocidaires dans la zone de sécurité et aurait facilité le passage des FAR vers le Zaïre sans les désarmer. Les principaux responsables du génocide avaient déjà quitté le Rwanda à notre arrivée et le gros des FAR, sachant qu’il serait désarmé dans la zone de sécurité, est passé au Nord de cette zone pour refluer vers Goma au Zaïre. J’ajoute que si le FPR avait à l’époque accepté le cessez le feu proposé par l’ONU et par les FAR, il y aurait eu moins de victimes et le Rwanda n’aurait sans doute pas eu de prétexte pour envahir la République Démocratique du Congo (RDC) en 1996 avec pour conséquences plusieurs millions de morts. Il est également vraisemblable que les affrontements et les massacres qui se produisent aujourd’hui dans l’Est de la RDC n’auraient pas lieu.

L’action positive de l’Opération Turquoise qui s’est déroulée sous le regard permanent de très nombreux observateurs français et étrangers, a été saluée en 1994 dans le monde entier. Les Nations Unies ont alors demandé à la France de prolonger son mandat. Alors pourquoi cette présentation partiale des faits ?

 Alors qu’une action judiciaire est en cours d’instruction à l’encontre de militaires de l’opération Turquoise, suite à des plaintes pour « complicité de génocide et crimes contre l’humanité » (sic), on peut penser que la thèse développée dans le film montrant l’action ambiguë des soldats français pourrait venir conforter ces accusations. Cela n’est pas sans conséquences, et je m’interroge sur l’alibi médiatique et juridique que procure le seul fait d’appeler « fiction » une réalisation qui instrumentalise l’histoire. Car est il légitime, sous couvert de fiction, de modifier impunément la réalité de faits concernant un drame historique bien réel ?

La réalisation de ce film au Rwanda, avec la bienveillance d’autorités qui ont rompu les relations diplomatiques avec la France parce que mécontentes d’une Ordonnance de la Justice Française les mettant en cause, laisse planer de sévères doutes  sur l’objectivité de ce film et sur ses objectifs.

Les militaires qui ont rempli au Rwanda une mission particulièrement difficile ne peuvent admettre que, au prétexte d’une fiction, leur personnalité soit ainsi représentée et leur action gravement mise en cause.

Général (2S) Jean Claude Lafourcade

La route piégée du Rwanda

D’emblée, Canal Plus donne le ton de son « grand film politique » diffusé ce lundi 19 novembre à 20 h 50 : « Le scénario s’inspire de faits réels. Les personnages sont de la fiction. »

Les faits réels portent sur un court épisode de la tragédie rwandaise de 1994 (le génocide qui fit 800 000 morts dans la communauté tutsie). Dans Opération Turquoise, le réalisateur Alain Tasma a voulu décrire les dix premiers jours de l’intervention humanitaire française, déclenchée en juin 1994 pour créer une zone sûre dans l’ouest du pays. L’objectif fixé par Paris était d’arrêter les massacres à l’encontre des Tutsis et d’éviter des représailles de masse contre les Hutus responsables du génocide.

Les « personnages de fiction » sont directement inspirés des soldats des Forces spéciales qui se déployèrent en précurseurs de « Turquoise ». Ils « ouvrirent la porte », découvrant les premiers l’horreur du génocide. Les noms propres ont été changés mais le nom des unités a été conservé. Clairement identifiés sous leur béret rouge ou vert, les personnages principaux sont parfaitement reconnaissables.

Leurs modèles se découvriront à l’écran comme des professionnels inquiets ou psychorigides, hésitants sur leur mission, d’une pénible impuissance et, pour certains, implicitement complices des génocidaires hutus. Ces profils sont caricaturaux. Ils ne ressemblent en rien aux officiers et aux soldats des Forces spéciales auprès de qui je fis une série de reportages en juillet 1994, sur les pistes de l’ouest du Rwanda, entre Gisenyi et Cyangugu.

 

La documentation réunie par les auteurs du film est impressionnante. Ils ont beaucoup lu et rencontré de nombreux protagonistes. Le scénario est riche, l’ambiance et le contexte de l’époque sont bien restitués. Les acteurs français sont plutôt crédibles, même si certains officiers abusent de la mâchoire crispée et de la nuque raide, image convenue et fausse, collée aux troupes d’élite.

Les acteurs rwandais sont saisissants de vérité et d’émotion. Lors du tournage au Rwanda, beaucoup ont revécu des scènes réelles qu’ils avaient endurées en 1994. Certaines séquences éclairent mieux que de longues explications l’effroyable mécanisme du génocide. Chaque communauté a peur de l’autre. Chacun subit la propagande de haine de son camp. « On les tue pour qu’ils ne nous tuent pas », murmure un massacreur, aussi sanguinaire qu’affolé.

Au fil des minutes pourtant, le malaise s’installe. « Nous n’avons pas voulu imposer au spectateur une quelconque vérité, rassurent les auteurs, Alain Tasma et Gilles Taurand. Nous avons scrupuleusement veillé à éviter toute caricature et toute forme de manichéisme, quitte à rendre parfois difficile la lecture des enjeux. » C’est le moins qu’on puisse dire. Tout concourt finalement à dessiner une image peu reluisante de « Turquoise » : le montage, les dialogues, les ellipses, les silences lourds de sous-entendus. La période choisie est trop courte pour pouvoir rester fidèle à la réalité. « Turquoise » dura deux mois, on n’en voit que dix jours. Le film donne de cette opération une image partielle, limitée et inexacte, regrette le général Jean-Claude Lafourcade, qui commanda “Turquoise”. Le film ne montre pas que l’armée française a arrêté les massacres, protégé les populations et sauvé des vies.

Des faits habilement présentés instruisent le dossier à charge, révélant l’une des sources principales des scénaristes : le livre procès du journaliste Patrick de Saint-Exupéry, accusateur de l’armée française, sans pour autant apporter les preuves de son réquisitoire. « J’ai vu le réel s’entremêler aux éléments de fiction jusqu’à s’y fondre, raconte Saint-Exupéry. J’ai moi-même parfois été pris au piège. »

Ce retour au Rwanda semble en effet piégé. Par petites touches habiles, le film accrédite la partialité des soldats français, leur connivence avec les génocidaires, leur lâcheté devant l’horreur. Premier exemple : Bisesero, une épouvantable zone de massacres. « Retenez bien ce nom », insiste le script. Le film laisse croire que les français passèrent leur chemin pour ne revenir que deux jours plus tard. Trop tard. C’est faux : une vaste opération fut aussitôt déclenchée pour protéger la zone.

La séquence montre des Tutsis apeurés autour desquels rodent les tueurs armés de machettes. L’un d’eux s’adresse à un adjudant français : « Vous nous condamnez à mort. Vous ne valez pas plus qu’eux. » La scène est poignante. Mais lorsque l’adjudant baisse la tête sans rien dire, c’est toute l’armée française qui semble accepter ainsi l’accusation de « complicité de génocide ».

Second exemple : Butare. Les commandos français évacuèrent des dizaines d’enfants hutus menacés. Le film montre l’interception et la fouille du convoi par des soldats tutsis. Un Rwandais est abattu sous les yeux effarés des officiers français, impuissants. C’est tout simplement faux. « Le convoi fut effectivement attaqué mais il passa en force au prix d’une fusillade intense, corrige le général Lafourcade. Aucun Rwandais ne fut tué sous les yeux des soldats français de Turquoise. »

« Ce n’est pas un film à thèse, se défend Fabrice de La Patellière, directeur de la fiction française sur Canal Plus. Nous avons voulu traiter les zones d’ombre de cette opération étrange et tirer les conséquences de ce que nous savons. » Mais quelles zones d’ombre, quelles conséquences, si ce n’est d’instiller dans le téléspectateur le poison du doute : et si l’armée française avait été complice du génocide rwandais ?

Se voulant « au plus près de la réalité » mais évidemment incapable de traiter la complexité rwandaise en 110 minutes, cette Opération Turquoise néglige des informations indispensables pour comprendre la complexité des faits, pour éclairer honnêtement l’attitude de cette poignée de soldats français jetés sur ces pistes perdues, dans l’urgence, parant au plus pressé dans ce maelström de violences, sous l’œil froid des Nations unies et le regard permanent des journalistes accourus du monde entier.

Lorsqu’un militaire français avoue sa détresse et sa colère légitime – « Dans quel merdier les politiques nous ont mis ! » –, rien ne vient préciser que la communauté internationale se révéla d’une lâcheté absolue, qu’elle ferma les yeux sur les premières atrocités commises à Kigali. Ses casques bleus, commandés il est vrai par un général canadien incapable, plièrent bagage, laissant la France bien seule dans cette opération Turquoise. Trop peu nombreux, mal équipés, mal renseignés, sans mandat vraiment clair, les militaires français réussirent tout de même à sauver, soigner et sécuriser une partie du pays pendant deux mois (juin-août 1994).

Au nom de l’association France-Turquoise, le général Lafourcade a demandé à Canal Plus un avertissement indiquant que « cette œuvre ne reflète pas l’exacte réalité de “Turquoise” ». Cette semaine, il attendait encore l’accord de la chaîne.

Le film n’oublie pas d’adresser ses remerciements au général président rwandais Paul Kagamé et à son chef d’état-major, James Kabarebe. Ce dignitaire tutsi est fortement suspecté de crimes de guerre au Rwanda et au Congo.

Film « Opération Turquoise »

Comment un film de fiction instrumentalise l’histoire.

 

A la suite de de la diffusion sur l’antenne de Canal+ du film "Opération Turquoise" l’association France Turquoise communique :

« Oeuvre de pure fiction, ce téléfilm ne reflète pas la réalité de l’opération humanitaire Turquoise, menée à l’initiative de la France du 22 juin au 22 août 1994 au Rwanda. Il comporte de graves inexactitudes sur l’attitude de l’armée française face au génocide rwandais. Le commandement de l’opération Turquoise s’élève contre cette présentation inexacte et met en garde le public contre toute interprétation qui pourrait en être tirée. »

Rwanda : témoignage du Commandant de l’opération Turquoise

Rappelons brièvement les faits :

Dans les jours suivant l’assassinat du Président rwandais(d’origine Hutu), l’essentiel de la force de l’ONU (MINUAR) s’étant retirée, près de 800000 personnes, en majorité des Tutsis, sont massacrées par les Hutus sans que la communauté internationale intervienne. Fin juin, sur proposition de la France l’ONU décide l’envoi d’une force internationale pour mettre fin aux massacres, sans prendre part au conflit entre les armées hutu et tutsi : c’est l’Opération Turquoise. L’action est suivie sur le terrain, souvent avec suspicion, par de très nombreux observateurs français et étrangers (medias, ONG etc.…). Il est trop tard pour empêcher le génocide, mais Turquoise permet d’y mettre fin en sauvant des milliers de vies. Elle fixe sur le territoire une grande partie de la population, fuyant vers le Zaïre, face à l’armée du FPR (Tutsis de l’extérieur) commandée par le Général Kagamé. Celui-ci met en déroute l’armée du régime en place et provoque la fuite des populations à l’extérieur du pays, qui a pour conséquence le déclenchement d’une grave épidémie de choléra. Le bilan de Turquoise est alors largement salué à l’ONU et dans les medias du monde entier.

 

En 1997 la Mission d’Information Parlementaire Française présidée par M. Paul Quilès, réalise sur le sujet un travail approfondi et digne d’une grande démocratie, qui répond aux accusations qui se font jour contre l’action de notre pays et de son armée au Rwanda.

 

Dix ans après ces évènements, des plaintes, étonnamment tardives et actuellement en cours d’instruction, sont déposées contre l’action des soldats français au Rwanda qui se seraient rendus « complices du génocide ».

Or, j’affirme qu’il n’y a eu aucune ambiguïté dans les instructions reçues, données, et dans la façon dont celles-ci ont été exécutées. Dire que l’armée française a agi en « complice du génocide » est faux, diffamatoire et inacceptable.

C’est pourquoi j’ai créé l’Association France-Turquoise, dont l’objet est de défendre les militaires injustement attaqués et de contribuer à l’établissement de la vérité sur ce drame.

Dés 1994, je m’étais posé des questions sur la stratégie du Général Kagamé : Intervention inexplicablement tardive de son armée, refus de tout cessez-le-feu …etc.

Face à l’impossibilité de prendre le pouvoir par la voie démocratique initiée par les accords d’Arusha auxquels avait contribué la France, la solution n’était-elle pas une conquête militaire par la force quelqu’en soit le prix ?

Peut être pour éviter une mise en cause devant la communauté internationale, le régime de Kigali a préventivement contre attaqué : outre les violentes critiques et les plaintes mentionnées, en créant une commission d’enquête interne destinée à « montrer l’implication de la France dans le génocide »…

Jouant sur l’émotion que suscitent de telles horreurs, et s’appuyant efficacement sur des relais d’opinion bien organisés, le Président Kagamé fait tout pour attiser la culpabilité de l’opinion et accuser la France.

Or, je constate que les mêmes qui condamnent l’inaction de la communauté internationale dans ce drame fustigent l’action de la France, qui a eu seule le courage d’intervenir. Les mêmes qui déplorent l’inaction de la Justice internationale récusent l’action de la Justice française parce qu’elle n’a pas conclu dans le sens souhaité par ceux qui voulaient l’empêcher d’enquêter sur les origines de l’attentat.

Il n’est pas question de nier le génocide rwandais, mais de chercher à faire la lumière sur ses origines. Et s’il s’avère que la réalité est plus complexe qu’on ne le pensait, c’est refuser de la voir que d’accuser de révisionnisme ou de négationnisme ceux qui cherchent à l’éclairer. Car dénoncer les manœuvres de l’équipe au pouvoir à Kigali ne consiste pas à nier le génocide ni à ignorer les responsabilités de l’équipe qui était antérieurement au pouvoir au Rwanda.

L’Association France-Turquoise a reçu l’appui de nombreuses personnalités venant d’horizons politiques variés. Elle agit en concertation avec le Ministère de la Défense. Elle bénéficie du soutien de plusieurs parlementaires français (*).

S’agissant de la défense de notre pays cette action dépasse la mission d’une association. Il est donc essentiel que les parlementaires soient informés de ce sujet et qu’ils prennent conscience de ses enjeux.

 

 

Général (2S) Jean Claude Lafourcade

Président de l’association France Turquoise

 

(*) Une délégation de l’association existe au sein de l’Assemblée Nationale à l’initiative de Michel Voisin, député de l’Ain, vice-président de la Commission de défense Nationale.