Affaire Patrick de Saint-Exupéry

Le procédé malhonnête opéré par l’auteur et la maison d’édition n’est en définitive qu’un projet marketing. L’ancien titre suggérait que l’auteur allait délivrer une enquête sur la présence française au Rwanda. Le nouveau titre annonce clairement qu’il s’agit d’une enquête à charge contre la France (France qu’il définira, dés les premières pages, comme « quelques-uns » ou « un noyau ». Nouvelle distorsion entre la couverture et le contenu). Il est pour le moins surprenant que l’auteur, pourtant journaliste expérimenté et lauréat du prix Albert Londres en 1992, soit accusé de transgresser la loi du 11 juillet 1881 relative aux droits de la presse.
Les sept plaignants ont agi individuellement, puisque leurs noms ont été cités et non les organismes ou un groupe auxquels ils appartiennent ou appartenaient. Après la première audience concernant la plainte du colonel Hogard le 16 octobre, un arrêt de la cour de Cassation a imposé le rapatriement des procédures au Tribunal de Grande Instance de Paris. Néanmoins les autres plaignants souhaitent se défendre individuellement.
" Par arret du 29 juin 2011, la cour d’appel de Paris a retenu, pour les premiers plaignants, que la couverture de l’ouvrage relevait bien du délit de  diffamation, mais a toutefois relaxé les prévenus, estimant que Monsieur de Saint Exupéry pouvait se prévaloir du fait justificatif de bonne foi.Un pourvoi auprés de la cour de cassation a été formé dont le résultat n’est pas encore connu".

 

 

CF.

Pierre Péan relaxé en appel

A l’audience de ce jour 18 novembre 2009, la Cour a confirmé le jugement de relaxe de Pierre Péan dans l’accusation de diffamation pour le contenu de son ouvrage "Noires fureurs, blancs menteurs" et débouté les parties civiles de leurs demandes.
Le livre, et la thèse soutenue par son auteur, ne sont donc pas flétris par une condamnation judiciaire mais demeurent …

RWANDA 1994 : Témoignage rétrospectif – Contre témoignage tout aussi rétrospectif.

Contre témoignage tout aussi rétrospectif
Général Fruchard

Je ne peux pas me targuer d’avoir été sur le terrain à cette époque (1990-1994). J’ai tout de même suivi de très près la crise rwandaise pour avoir occupé les fonctions de conseiller Afrique–DOM-TOM au Cabinet du ministre de la Défense de septembre 1990 à juillet 1993. J’ai participé notamment à toutes les cellules de crises qui se sont tenues au ministère des Affaires Etrangères et aux réunions hebdomadaires de la « Cellule Afrique » de la présidence de la République.

J’estime que la vision de « M Générique » est partielle et partiale.

Partielle, parce que réduire les causes du génocide de 1994 à trois facteurs (la situation économique et sociale rwandaise, la responsabilité des grandes institutions financières internationales – certes indubitables – et le comportement des chefs militaires français – j’y reviendrai), c’est omettre tout simplement l’attaque prononcée le 1er octobre 1990 par le FPR (Front patriotique rwandais) avec l’aide de l’Ouganda et la guerre d’usure qu’il a entretenue par la suite jusqu’aux accords d’Arusha, guerre qui a entraîné l’exode des populations, la multiplication des camps de réfugiés et la ruine économique du Rwanda.

C’est omettre que les accords d’Arusha eux-mêmes ont largement favorisé le FPR, ce qui a encore rendu les esprits un peu plus ouverts à la propagande de la Radio des Mille Collines. C’est omettre la faillite de la MINUAR.

C’est réduire à une simple péripétie l’attentat qui a provoqué le crash du Falcon 50 et la mort du président Habyarimana, le 6 avril 1994.

Sans tous ces faits que je viens de rappeler, en commençant bien évidemment par l’attaque initiale qui a tout déclenché, il y a fort à parier qu’il n’y aurait pas eu de génocide. Alors pourquoi les occulter ? Parce qu’ils incriminent le FPR et les Tutsis actuellement au pouvoir ? Je soupçonne là une certaine partialité.

D’ailleurs, lorsque l’auteur écrit : « la France a besoin de montrer sa force et sa volonté de protéger un dictateur “ami” d’une offensive lancée par sa propre population, exilée hors frontières qui, après trente ans de massacres organisés par le pouvoir hutu, tente de rentrer chez elle », il indique sans ambiguïté où il se situe : pour lui, lancer une attaque surprise avec 3000 hommes, c’est un moyen on ne peut plus démocratique qu’a la population de rentrer chez elle, moyen justifié parce que le chef de l’Etat est un dictateur… Seulement, la population c’est aussi quelques millions de Hutus qui ne sont pas d’accord, qui fuient à mesure que le FPR avance et dont, plus tard, une partie massacrera un million de Tutsis à la machette… avant qu’à son tour le FPR ne massacre lui-même quelques centaines de milliers de Hutus. La légitimité de l’action du FPR peut pour le moins se discuter tout autant que le caractère démocratique du régime actuel de Kigali.

Quant à rendre « le comportement des chefs militaires français » directement responsable du génocide, j’avoue que cette thèse me laisse pantois et relève de la même gymnastique intellectuelle que les attaques contre l’opération « Turquoise » dont l’objectif, évidemment ourdi par les militaires, était de protéger les génocidaires selon le pouvoir de Kigali et ses thuriféraires.

Je me souviens parfaitement des débats qui eurent lieu à Paris au déclenchement de l’offensive du 1er octobre 1990. L’avis du ministère de la Défense et de l’EMA était que le Rwanda ne représentait pas un enjeu majeur pour notre politique africaine et qu’il convenait simplement de protéger nos ressortissants au cas où ils seraient menacés. La décision expresse du président Mitterrand a été contraire et s’est traduite par l’envoi initial de deux compagnies de parachutistes (conjointement avec des paras-commandos belges). En un mois, l’armée rwandaise a reconduit le FPR à la frontière avec les conseils des assistants militaires techniques français. Mais la guerre ne s’est pas arrêtée là et la France s’est trouvée progressivement de plus en plus engagée militairement dans l’aide à l’armée rwandaise : assistance technique parfois, c’est vrai, proche, fourniture de matériel et de munitions, présence dissuasive d’unités françaises.

De là à soupçonner les militaires français d’avoir cédé à leurs traditionnels penchants « bellicistes », il n’y a qu’un pas que « M Générique » franchit allègrement.

Il oublie simplement que les forces armées françaises n’agissent pas en toute autonomie. Elles sont aux ordres du pouvoir politique et mènent des actions conformes aux orientations de notre politique étrangère. Les militaires sont des gens simples. S’ils n’ont pas compris que le pouvoir politique les envoyait au Rwanda aux côtés de l’armée nationale pour permettre l’arrivée au pouvoir du  FPR, c’est probablement qu’on ne leur a pas indiqué cette orientation avec suffisamment de clarté. Ils ont donc fait ce qu’on leur demandait car s’ils étaient, dans une mesure relative, maîtres des modalités d’exécution, ils ne fixaient pas les objectifs.

Qu’on me pardonne cette réaction un peu vive mais, pour moi, le témoignage de « M Générique » participe de la désinformation qui, depuis 1994, vise à discréditer l’action des militaires français au Rwanda afin de donner un certificat d’honorabilité au pouvoir FPR de Kigali. Cela ne peut pas être accepté.

 

Carla Del Ponte

Le passage suivant se déroule en juin 2002, Carla Del Ponte sort d’un entretien avec Paul Kagamé (Président actuel du Rwanda et ancien chef du Front Patriotique Rwandais, guérilla tutsi), celui-ci vient de lui affirmer avec véhémence que la justice internationale n’avait pas à s’occuper des affaires et présumés crimes du FPR. Choquée de cette obstruction à la justice, elle livre au lecteur sa déception et ses craintes quant au devenir du TPIR qui, à son sens, s’installe dans une impunité dirigée.

 

« En quittant Kigali, j’avais la désagréable impression que le cycle de l’impunité au Rwanda […] n’était pas près de s’arrêter. Quant au Tribunal pour le Rwanda, il semblait bien parti pour administrer une fois de plus la justice des vainqueurs et rien d’autre. Je craignais que le Conseil de sécurité des Nations unies ne prenne aucune mesure déterminante pour réagir au refus de Kagamé de coopérer avec le Tribunal et à la campagne visant à contrecarrer les travaux du Tribunal. Seul l’enquête de Bruguière, pensais-je, pouvait encore jouer un rôle significatif pour briser le cercle vicieux de l’impunité » p 374-375.

 

Le rapport qu’elle rédigea restera sans réponse.

En mai 2003 Elle est convoquée à Washington par l’ambassadeur extraordinaire des Etats-Unis pour les crimes de guerre, Pierre Prosper :

 

« Prosper laissa la parole aux Rwandais. Ils souhaitaient que les enquêtes sur les crimes attribués au Front Patriotique rwandais soient confiées à leurs autorités judiciaires locales, des juridictions dominées par les tutsi, et non au Tribunal International. De la part des Rwandais cette demande e me surprit d’autant moins que je l’avais déjà entendue à maintes reprises. Ce fut en revanche Prosper qui me surprit, en prenant le parti des Rwandais. Il me proposa de transférer les enquêtes et les poursuites des crimes présumés du FPR […] au gouvernement rwandais  d’obédience tutsi, celui là même qui, selon Human Right Watch, ne laissait aux victimes des crimes du FPR « pratiquement aucune chance d’obtenir justice auprès du tribunal rwandais » ».

 

Plus loin Carle Del Ponte raconte qu’à la suite de son refus, l’ambassadeur lui annonce que son mandat, qui s’achève quatre mois plus tard, ne sera pas renouvelé…

La Traque, les criminels de guerre et moi, Editions Héloïse d’Ormesson, Paris, 2009.

 

CF.

Le général Christian Quesnot n’accepte pas d’être traité de génocidaire par des irresponsables.

N’acceptant pas d’être traité de génocidaire par des irresponsables, le général Quesnot porte plainte pour diffamation contre le ministre de la justice du Rwanda, mais il se heurte au véto du parquet de Paris qui invoque une immunité de juridiction couvrant le ministre rwandais.

En outre le général estime que les militaires ont été « lachés » par l’échelon politique.
En septembre 2008 « nous demandons en vain au gouvernement de défendre les officiers qui ont agi selon ses ordres, cibles d’attaques inadmissibles ». En octobre 2008 « nous insistons pour que le président de la république, chef des armées, exprime publiquement son soutien à l’action des officiers dépéchés au Rwanda dans le cadre de la formation de soldats rwandais ou dans celui de l’opération Turquoise […]. Depuis rien silence radio, silence radio de l’Elysée. » […]. « Nous avons été lâchés, au moins temporairement. Mais je ne veux pas insulter l’avenir : j’espère toujours que les paroles de solidarité attendues seront prononcées […]

La totalité des propos du Général Quesnot receuillis par Vincent Hugeux et Romain Rosso sont disponibles sur  (29 octobre 2009)


 

 26/11/2009 La justice poursuivra son enquête sur les propos du ministre rwandais de la Justice jugés diffamatoires envers des officiers français.

En dépit des réquisitions du parquet de Paris, l’invitant, par deux fois, à clore le dossier, la juge Sylvia Zimmermann a décidé de poursuivre l’information des plaintes en diffamation déposées par plusieurs officiers français, accusés par le ministre de la Justice du Rwanda, Tharcisse Karugarama, d’être impliqués dans le génocide de 1994 Dans son ordonnance, datée du 17 novembre, la juge estime que c’est au ministre rwandais visé par la plainte – et non au parquet français – d’invoquer une éventuelle immunité de juridiction.

 

Procès pour génocide au Rwanda

 

 

L’ONG "Human Rights Watch" est l’une des principales organisations indépendantes au monde qui se consacrent à la protection et à la défense des droits humains. En attirant l’attention internationale sur les situations où les droits humains sont violés, nous donnons une voix aux opprimés et nous exigeons que les oppresseurs répondent de leurs crimes. Nos enquêtes objectives et rigoureuses, ainsi qu’un plaidoyer ciblé et stratégique, nous permettent d’exercer une pression intense qui incite les décideurs à agir et accroissent le prix à payer pour les auteurs d’atteintes aux droits humains.

Depuis 30 ans, Human Rights Watch œuvre avec ténacité pour poser les bases morales et légales de changements profonds et lutte pour apporter plus de justice et de sécurité aux peuples du monde entier.

 

 

 

La puissance de l’horreur au Rwanda

Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch, avril 2009

{….} "Sous couvert d’empêcher un nouveau génocide, le gouvernement (rwandais) fait preuve d’une intolérance prononcée à l’égard des formes les plus élémentaires de dissidence. {…} L’un des outils de la répression a été le recours aux juridictions gacaca -des tribunaux informels fonctionnant sans juges ni avocats de formation -que le gouvernement a créés à l’échelle communautaire pour juger les coupables présumés du génocide. {…} Aujourd’hui, quinze ans après le génocide, des gens continuent à se présenter pour accuser leurs voisins de complicité dans le génocide, suggérant que les juridictions gacaca se sont transformées en un forum pour régler des vengeances personnelles ou pour réduire au silence des voix dissidentes {…}

Le meilleur moyen d’empêcher un nouveau génocide est d’insister pour que Kagamé cesse de manipuler la précédente tragédie."

Article complet sur le site de HRW

 

LES EXPERTS de l’ONU S’INQUIÈTENT DU FONCTIONNEMENT DES GACACA AU RWANDA

Rapport de la quatre-vingt-quinzième session 2602 et 2603ème séances. (mars 2009)

 

Les 18 experts du Comité des droits de l’homme, qui examinaient aujourd’hui le troisième rapport périodique du Rwanda, ont vivement questionné le fonctionnement du système Gacaca qui a été établi dans ce pays au lendemain du génocide de 1994.

Tout en se félicitant des progrès accomplis en matière de parité des sexes, ils ont néanmoins fait part de leurs préoccupations face aux conditions de détention dans les prisons rwandaises.Les experts, qui ont par ailleurs déploré la présentation d’un rapport trop théorique et pas assez factuel, sont chargés de surveiller l’application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par le Rwanda en 1975.

 

S’agissant des Gacaca, de nombreux experts ont estimé qu’ils n’étaient pas conformes aux principes d’égalité devant la loi et ont déploré, à l’instar de l’expert tunisien, le fait qu’ils donnent libre cours aux dénonciations calomnieuses et aux règlements de compte.« Si les tribunaux gacaca peuvent prononcer des peines lourdes allant jusqu’à 30 ans d’emprisonnement, un processus cohérent doit être mis en place et les deux parties doivent pouvoir être représentées par un avocat », a notamment estimé l’experte américaine.

 

Rwanda: Le Tribunal pénal international pour le Rwanda risque d’encourager une "justice des vainqueurs". Kenneth Roth

 

Le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) devrait inculper au plus vite des officiers supérieurs du Front patriotique rwandais (FPR) soupçonnés d’avoir commis des crimes de guerre au Rwanda en 1994, a déclaré Human Rights Watch dans une lettre au Procureur général du TPIR rendue publique le 1er juin 2009. A ce jour, le Tribunal a jugé seulement des personnes de premier plan responsables du génocide rwandais de 1994 et n’a pas intenté de poursuites contre les officiers du FPR bien qu’ayant juridiction pour juger leurs crimes. Le chef du FPR , Paul Kagamé, est le président actuel du Rwanda.

 

« Le fait que le Tribunal n’ait à ce jour pas jugé les crimes de guerre commis par le Front patriotique rwandais risque de donner l’impression qu’il ne rend qu’une "justice des vainqueurs’», a déclaré Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch.

 

« Réclamer la justice pour les victimes des crimes du  FPR ne revient pas à nier le génocide ni à exprimer une équivalence entre ces crimes et le génocide », a expliqué Kenneth Roth. « C’est affirmer simplement que toute victime, quel que soit le pouvoir des coupables présumés, a droit à ce que justice soit faite. »

 

Les crimes commis par le Front patriotique rwandais  ont été bien documentés, notamment par une Commission d’experts des Nations Unies en 1994 qui a conclu que ce groupe avait « perpétré de graves violations du droit international humanitaire » et  des « crimes contre l’humanité ». Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, entre avril et août 1994, le FPR a tué de 25 000 à 45 000 civils.

AS

 

L’enquête du juge Bruguière n’est pas un vulgaire « pétard mouillé »

            Rappel des faits

L’enquête du juge français fut initiée en 1998 suite à une plainte contre X déposée initialement par la fille d’un des membres de l’équipage du Falcon présidentiel, plainte à laquelle se sont joints ensuite d’autres membres des familles. Fin novembre 2006, le juge Bruguière, Premier vice-président du Tribunal de grande instance de Paris en charge de la coordination antiterroriste, rend une ordonnance par laquelle il demande que neuf mandats d’arrêt internationaux soient décernés à l’encontre de proches collaborateurs de Paul Kagame. En ce qui concerne le président en exercice du Rwanda, couvert par son immunité de chef d’Etat, le juge se tourne vers le Secrétaire Général de l’ONU et préconise que le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), compétent en la matière, prenne le relais des poursuites.

L’instruction couvre donc une période de huit ans. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle fut menée en dehors de toute précipitation. Les autorités gouvernementales rwandaises se rendirent parfaitement compte de la portée réelle de la procédure en cours et réagirent bien avant que l’ordonnance ne soit rendue. En 2005 elles menacèrent à différentes reprises la France de poursuites judiciaires pour complicité de génocide. Effectivement des plaintes furent déposées en ce sens à Paris, par des rescapés rwandais, contre l’armée française. Ensuite, en avril 2006, une commission (dite Mucyo du nom de son président) fut mise sur pied pour enquêter sur "le rôle de la France avant, pendant et après le génocide".

Longue de près de 70 pages, l’ordonnance signée par le juge Bruguière est plutôt inhabituelle en ce sens qu’il n’était pas tenu de motiver l’émission de mandats d’arrêt internationaux. Mais ce moment essentiel dans l’instruction du dossier lui permet de faire une synthèse des investigations conduites avec la division nationale antiterroriste (DNAT). Sa conclusion est catégorique : l’implication de Paul Kagame dans l’attentat du 6 avril 1994 est directe.

Les réactions de Kigali vont en sens divers, qualifiant l’ordonnance d’allégations totalement infondées, basée sur des ragots et des rumeurs et reprochant à la justice française d’être plus motivée politiquement que judiciairement dans cette affaire. D’autres réactions frisent le surréalisme, certains officiels affirmant que le président Habyarimana et le général Nsabimana, le chef d’état-major des forces armées rwandaises, étaient des cibles légitimes dans le cadre d’un conflit armé. Oubliant sans doute que le Front patriotique rwandais (FPR) avait signé des accords de paix et que le président du Burundi et d’autres officiels des deux pays se trouvaient à bord du Falcon 50. Plus concrètement le Rwanda rompt également ses relations diplomatiques avec la France et en mars 2007 deux généraux rwandais, inculpés par le juge Bruguière, déposent plainte contre lui devant la justice belge, de même que contre l’Etat belge.

Rappelons encore dans ce contexte deux éléments majeurs. Le premier est que, fin 2006, le Juge Møse, président à l’époque du TPIR et président de la Chambre compétente dans le procès dit "Militaires I", verse dans son intégralité l’ordonnance du juge Bruguière comme pièce au dossier des quatre officiers rwandais inculpés dans ce procès. Le second élément est l’aboutissement, en février 2008, de l’enquête menée par le juge espagnol Fernando Andreu Merelles. Cette enquête, initiée suite aux assassinats de neuf ressortissants espagnols perpétrés au Rwanda entre 1994 et 2000, se clôture par la délivrance de 40 mandats d’arrêt internationaux à l’encontre d’officiers de l’Armée patriotique rwandaise (APR). Dans un arrêt circonstancié de 181 pages, le juge estime que les personnes visées ont commis des actes de génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre et terrorisme sur ordre du président Kagame. Ce dernier bénéficie de l’immunité que lui confère sa fonction et n’est donc pas l’objet d’un mandat d’arrêt. Dans ses conclusions, le juge accuse le FPR d’avoir mis en place une véritable méthode criminelle. Il estime que depuis sa prise du pouvoir à Kigali, en juillet 1994, le parti a créé un véritable règne de la terreur, non seulement par l’organisation même de son régime dictatorial, mais surtout par la mise en place de structures parallèles responsables de crimes odieux commis contre la population civile, tant nationale qu’étrangère. Le point culminant de cette politique, poursuit-il, est l’invasion du Congo qui, sous couvert de motif sécuritaire, devait permettre, entre autres, la réalisation du pillage de ressources naturelles précieuses, de façon à se maintenir au pouvoir et exercer une domination géostratégique sur la région. Le juge relève par ailleurs que les crimes commis en 1994 sont du ressort du TPIR et plus spécifiquement de son procureur, le Gambien Assan Bubacar Jallow, responsable des poursuites.

 

            Une enquête contestée qui se réduirait à une peau de chagrin

Dans un article paru dans le quotidien  »Le Soir » du 6 avril dernier et qui n’est pas le premier du genre, la journaliste belge Colette Braeckman (CB) tente de démontrer que le "dossier Bruguière" se dégonfle comme une vulgaire baudruche. Que reproche-t-elle concrètement au juge français et à son enquête ?

Précisons avant tout que le seul document porté à la connaissance du commun des mortels est l’ordonnance datée du 17 novembre 2006. Le dossier répressif proprement dit n’est accessible qu’aux ayants droit. C’est-à-dire, au stade actuel, à Madame Rose Kabuye (entendue par la justice française) et ses avocats. Dès lors nous nous demandons en vertu de quelle compétence Madame Braeckman aurait eu accès au dossier du juge Bruguière pour pouvoir le commenter en connaissance de cause ?

Soyons clair. Nous n’avons pas la prétention de croire que nous détenons "la Vérité". Nous entendons cependant que si nous sommes dans l’erreur on nous le démontre avec des éléments objectifs et non par des affirmations gratuites, des demi-vérités, des amalgames et autres subterfuges en vue d’éluder le débat de fond. Dans un dossier aussi émotionnel que celui du Rwanda et du Congo (en près de vingt années la région des Grands Lacs a été transformée en un immense charnier de plusieurs millions de victimes), le citoyen est en droit d’être informé avec la plus grande rigueur. Que le dossier du juge Bruguière, à l’instar de n’importe quelle œuvre humaine, comporte le cas échéant certaines imperfections ou lacunes est dans l’ordre des choses. Mais, de là à réduire un travail d’investigation de huit années à un vulgaire pétard mouillé, voire à mettre en cause la probité du juge et de ses collaborateurs, il y a une marge à ne pas franchir. En la franchissant, ce que nous estimons être le cas, on perd toute objectivité et toute crédibilité.

Trois éléments significatifs sont invoqués, parmi d’autres, dans l’article de CB pour justifier la piètre appréciation qui est la sienne quant à la consistance du dossier ?

·         Les principaux témoins à charge se sont rétractés.

·         Un interprète et traducteur rwandais, Fabien Singaye, qui assistait le juge Bruguière et ses enquêteurs dans les interrogatoires de témoins était tout sauf neutre.

·         L’autorisation faite à Madame Kabuye de regagner le Rwanda et d’y poursuivre ses activités officielles, même si le mandat d’arrêt la concernant n’est pas formellement levé, est symptomatique de la légèreté des charges retenues contre elle.

 

Qu’en est-il de ces différentes assertions ?

 Quant à la rétractation des principaux témoins à charge

Deux témoins à charge se sont rétractés : Abdul Ruzibiza et Emmanuel Ruzigana. Il s’agit, en effet, de deux témoins importants mais qui sont loin d’être les seuls à avoir témoigné à propos des mêmes choses.

Prenons le cas d’Abdul Ruzibiza, le plus connu. Son livre "Rwanda l’histoire secrète", paru aux éditions du Panama en 2005, a jeté un fameux pavé dans la mare lors de sa parution. En synthèse, ce livre met en évidence la responsabilité directe de Paul Kagame dans l’attentat du 6 avril 1994 et dans l’ampleur des massacres perpétrés au Rwanda ainsi qu’au Congo-Zaïre. Pareilles accusations n’avaient cependant à l’époque rien d’un scoop. Elles avaient déjà été exprimées à l’encontre de l’homme fort de Kigali bien avant celles de Ruzibiza ou de Ruzigana. Notamment par Jean-Pierre Mugabe, Aloys Ruyenzi et Déogratias Mushayidi, pour ne citer que ceux-là.

Il est vrai que dans l’article du journal Le Soir du 6 avril dernier, CB précise qu’elle avait rencontré à l’époque Ruzibiza et qu’elle l’avait jugé peu crédible. Etonnant quand on sait que le livre de Ruzibiza a été préfacé par deux experts reconnus de la région des Grands Lacs : Claudine Vidal, directrice de recherches émérite au CNRS et André Guichaoua, professeur de sociologie à l’université de Paris 1. Ce n’est quand même pas rien !

Ce n’est pas parce que Ruzibiza s’est rétracté que forcément les 494 pages de son livre ne sont qu’un salmigondis d’inventions, de mensonges et d’élucubrations diverses. C’est d’autant moins le cas que pour avoir vécu certaines des circonstances décrites dans le livre, nous pouvons attester que les détails fournis les concernant sont tout à fait corrects. Quoi qu’il en soit, il nous semble un peu court de déclarer que Ruzibiza n’est qu’un affabulateur et que par conséquent le dossier du juge Bruguière se dégonfle en même temps que son principal témoin.

Il est peut-être utile de rappeler à Madame Braeckman que l’intéressé a aussi été témoigner au TPIR et que son témoignage, qui reprenait les principaux thèmes de son livre, a été fait sous serment. Dans ces conditions, il est étonnant que le procureur du TPIR n’ait pas jugé utile de rappeler ce témoin pour parjure, alors qu’il a autorité pour le faire et qu’il a déjà fait usage de cette prérogative par le passé.

Sur le plan journalistique la démarche aurait été tout autre si, au lieu de prendre la rétractation de Ruzibiza au premier degré, une enquête sérieuse avait été menée pour essayer de déterminer les véritables raisons pour lesquelles l’intéressé est revenu sur ses affirmations. N’est-ce pas cela en réalité le travail du journaliste ?

En conclusion de ce premier point, nous disons que si Ruzibiza avait été le seul à accuser nommément Paul Kagame pour son implication directe dans la tragédie rwandaise, il faudrait, en effet, remettre en question la matérialité de ses affirmations. Etant donné que ce n’est pas le cas et que bien d’autres témoins directs disent en substance la même chose, il serait dès lors plus opportun de rechercher les véritables raisons pour lesquelles Ruzibiza et Ruzigana sont revenus sur leurs dires. Pareille démarche permettrait, sans aucun doute, d’appréhender de façon beaucoup plus exacte l’enjeu réel de cette volte-face.

 Quant au rôle controversé de Fabien Singaye

Selon CB "des documents inédits découverts en Suisse – et dont nous avons pu prendre connaissance en exclusivité – établissent que le traducteur rwandais qui assista Bruguière dans l’interrogatoire de ses témoins était tout sauf neutre (…) rien d’étonnant à ce que des témoins comme Emmanuel Ruzindana (qui ne parle pas le français) aient déclaré par la suite n’avoir rien reconnu des propos qu’ils avaient réellement tenus …".

De grâce restons sérieux. Peut-on imaginer un seul instant que le juge Bruguière, avec le pedigree qui est le sien, se soit laissé intoxiquer comme un vulgaire débutant ? Si les documents inédits évoqués par Madame Braeckman sont de même nature que le soi-disant "témoin capital de l’assassinat de Habyarimana" (Le Soir du 6 mai 2006), le seul à affirmer que ce sont trois missiles sol-air qui ont été tirés sur l’avion présidentiel, cela ne mérite en aucun cas le détour. Aller dénicher pareil témoin, il fallait le faire. C’est vraiment très fort ! Alors que tout qui se trouvait à Kigali le soir du 6 avril 1994 vous confirmera que ce sont bien deux missiles et non trois qui ont pris le Falcon présidentiel pour cible. Consacrer un article d’une page, à semblable témoignage farfelu, constituait déjà à l’époque une manière de jeter le doute sur le sérieux de l’enquête du juge qui ne mentionne que deux missiles.

Le fait que Fabien Singaye soit le beau-fils de Félicien Kabuga, accusé d’être l’un des financiers du génocide, constitue-t-il vraiment l’argument irréfutable de sa compromission ? Tant que l’on y est, pourquoi ne pas affirmer tout simplement que le juge Bruguière s’est entouré de génocidaires pour l’assister dans son travail ? Pareille association entre Kabuga et son beau-fils ne trompe guère de monde. L’amalgame est une technique éculée dont le but est surtout de camoufler l’indigence de l’argumentation. Si les documents inédits évoqués sont à ce point probants, pourquoi ne pas être plus précis quant à leur contenu ? Ceci éviterait à tout le moins de se cantonner dans le vague et le sous-entendu, si pas la diffamation.

En conclusion de ce second point soulignons que celui qui est accusé, par Madame Braeckman, d’être un interprète "engagé" a été requis pour la transcription des bandes d’enregistrement de la tour de contrôle de Kigali et pour l’audition de deux témoins. Fabien Singaye n’a été impliqué, ni de près ni de loin, dans le témoignage de Ruzibiza ou de Ruzigana. Pas plus, du reste, que dans celui de Emmanuel Ruzindana dont le nom n’apparaît même pas dans l’ordonnance du juge Bruguière !

 Quant au régime de faveur dont bénéficie Madame Rose Kabuye

Nous avons tout récemment connu en Belgique une crise gouvernementale provoquée par une simple "suspicion" d’ingérence entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire, à moins que ce ne soit l’inverse. De quelle façon nos amis français perçoivent-ils la notion de "séparation des pouvoirs" ? En tout cas, à suivre les déclarations engagées et les salamalecs répétés de Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, à propos de l’affaire Kabuye, nous avons le sentiment (que beaucoup partagent) que le bouillant Monsieur K. a pris de sérieuses latitudes par rapport à ce principe de séparation des pouvoirs. Bizarrement, son ingérence flagrante est loin d’avoir suscité de la part des parlementaires français la même réaction que celle que nous avons connue en Belgique.

Parler d’un "énorme malentendu", en évoquant l’inculpation de Madame Kabuye, a quelque chose de provoquant à l’égard du pouvoir judiciaire. C’est aussi plus que choquant pour les proches des victimes de l’attentat du 6 avril 1994. Même si tout inculpé reste, jusqu’à preuve du contraire, présumé innocent des faits qui lui sont reprochés.

Le souci du président de la République française et de son ministre des Affaires étrangères de normaliser les relations tumultueuses de la France avec le Rwanda est louable en soi. Néanmoins nous restons convaincu que tout n’est pas justifiable au nom de la realpolitik et ce, d’autant moins qu’une normalisation des relations équivaudrait, de facto, au renvoi dans les oubliettes de l’histoire de plusieurs millions de victimes immolées sur l’autel du pouvoir absolu. Non, il y a des limites qui ne peuvent être franchies.

Tout aussi interpellant est cette exhortation lancée par le président Sarkozy, au début de cette année, à mettre en œuvre une nouvelle gestion des ressources et de l’espace géographique des provinces orientales de la République Démocratique du Congo. Se prendrait-il pour le Bismarck des Grands Lacs ? Aurait-il vraiment oublié ce que les Français chantaient jadis la main sur le cœur et le trémolo dans la voix : ils n’auront pas l’Alsace et la Lorraine… ? En vertu de quels critères voudrait-il faire accepter par les Congolais ce que les Français ont combattu à l’époque au prix de lourds sacrifices ? A quoi est-il donc prêt pour dérouler le tapis rouge devant les pieds du nouveau Mwami du Rwanda ? En tout cas, ce dernier doit en ricaner à se démettre les mâchoires !

Aussi, étant donné ce qui précède, invoquer, comme le fait CB, le régime de faveur de Madame Kabuye pour tenter de démontrer que le dossier Bruguière ne serait qu’une calebasse vide, c’est vraiment prendre les lecteurs pour des imbéciles.

 

Conclusion

Si autant d’années après l’attentat du 6 avril 1994 les choses n’ont toujours pas repris un cours normal. Si autant d’années après cet acte terroriste tant de livres et de documents sont toujours rédigés sur ses conséquences, c’est qu’objectivement les choses ne sont toujours pas claires. Elles le sont d’autant moins que certains s’évertuent, envers et contre tout, à vouloir imposer "leur vision" unilatérale de l’histoire, vision qui ne résiste, mais alors plus du tout, à l’analyse historique. Force nous est aussi de constater que ces tenants de la pensée unique exercent urbi et orbi une véritable dictature intellectuelle en récupérant avec cynisme les concepts de "révisionnisme" et de "négationnisme" dont ils accablent tout qui ose contester un tant soit peu leur version de l’histoire.

Que la presse se contente d’exercer le noble rôle qui est le sien : informer le public en toute objectivité. Qu’elle évite, pour d’obscures raisons qui lui sont propres, de vouloir se substituer à la justice. Cette dernière est parfaitement en mesure d’assumer ses propres responsabilités.

Prétendre que l’enquête du juge Bruguière est sur le point d’imploser par manque de consistance, c’est faire peu de cas d’une autre enquête qui l’a précédée et dont la conclusion va dans le même sens. En 1997, Michael Hourigan, chef d’une équipe d’enquêteurs du TPIR travaillant à Kigali, avait constitué un dossier dont les éléments mettaient l’actuel régime de Kigali en cause dans l’assassinat des présidents Habyarimana et Ntaryamira. Cette enquête a bien été menée à charge et à décharge, puisqu’elle visait initialement à établir l’implication des extrémistes hutus dans cet attentat, mais que les éléments recueillis pointèrent, en réalité, la responsabilité directe du Front patriotique. Nous savons ce qu’il est advenu du "dossier Hourigan" : rangé de façon péremptoire au fond d’un tiroir par la procureur du TPIR de l’époque, la canadienne Louise Arbour. Quant à Michael Hourigan il fut sommé d’arrêter, sine die, ses investigations et de détruire tous les documents s’y rapportant.

Aussi, ce n’est pas la tentative de dénigrement de l’enquête du juge Bruguière de la part d’une certaine presse qui nous fera changer d’avis sur la nécessité que la procédure judiciaire suive son cours normal et débouche sur un procès. Seul le procès permettra un véritable débat par la confrontation des arguments. Un procès, c’est aussi l’espoir qu’après autant d’années d’obscurantisme, toute la clarté soit enfin faite sur l’attentat du 6 avril 1994.

 

                                                                                                    Luc Marchal

Des officiers de France Turquoise à l’honneur

Sont élevés au grade d’officier de la Légion d’Honneur les colonels (cr) : Jacques Hogard ancien chef du Groupement Sud Turquoise (Cyangugu), Jean-Jacques Maurin ex-chef adjoint des opérations au Rwanda auprès de l’attaché de défense, Michel Robardey ancien conseiller technique pour la gendarmerie nationale rwandaise (criminologie) et Etienne Joubert chef du DAMI Panda (1992-1993), puis chef des opérations Turquoise Gikongoro.
Sont promus commandeurs dans l’Ordre National du Mérite les colonels (cr) : Cussac, Galinié et de Saint Quentin.

 

Le président de l’association France Turquoise félicite vivement les officiers promus pour cette distinction dont ils peuvent éprouver une légitime fierté.
La République leur rend hommage pour les éminents services rendus à la France, en particulier au Rwanda, répondant ainsi clairement aux inacceptables mises en cause portées contre eux pour leur action dans ce pays.

Général Lafourcade

Républicain Lorrain 26 mai 2010

Avec le recul, le général retient surtout de cette intervention un contexte particulièrement difficile : « les massacres ont débuté après l’assassinat du président rwandais le 6 avril  1994. Huit jours après, l’ONU décide de retirer 2000 soldats qui devaient encadrer le partage de pouvoir entre Hutus et Tutsis. La France a ensuite ramé pendant deux mois pour obtenir l’autorisation de mener l’opération Turquoise. Je pense que cette responsabilité écrasante de la communauté internationale n’a pas été assez dénoncée. »

Par le biais de son livre, Jean-Claude Lafourcade voudrait mettre définitivement fin aux accusations de complicité de génocide et de crime contre l’humanité. Il regrette le silence des plus hautes autorités de l’Etat dans cette affaire. « En reprenant les relations diplomatiques avec le Rwanda sans démentir  les accusations faites contre les militaires français, Nicolas Sarkozy entérine cette rumeur » affirme-t-il.

Et il conclut : « Depuis 2005 des ressortissants rwandais ont porté plainte contre les militaires français. Ces procédures n’ont pas encore abouti et cela renforce la suspicion à notre égard. Je souhaite que ces affaires soient enfin jugées pour que l’on puisse prouver qu’on n’avait rien à se reprocher pendant notre intervention au Rwanda. »

R. da S.

Transcription d’un article du « Républicain Lorrain » le 26 mai 2010

« Rwanda: cessons de diaboliser la France ». Paul Quilès

A la suite de la publication par le gouvernement rwandais du « rapport Mucyo » et à l’occasion du quinzième anniversaire du génocide de 1994, monsieur Paul Quilès à publié fin mars 2009 dans le Figaro un article intitulé « Rwanda : cessons de diaboliser la France ».

Monsieur Paul Quilès qui fut (entre autres fonctions) ministre de la défense de 1985 à 1986, président de la commission de la défense de l’assemblée nationale de 1997 à 2002 et président de la mission parlementaire sur le génocide du Rwanda en 1998, propose la création d’une commission internationale d’étude du génocide rwandais.

Examinant les études et documents produits depuis 1994 cette commission, éventuellement sous l’égide de l’ONU, serait en mesure de mettre fin aux « manipulations actuelles ». En effet suivant monsieur Paul Quilès : « la manipulation a de nouveau droit de cité. Le rapport Mucyo, commandé par le gouvernement rwandais  et publié il y a quelques mois, est emblématique de cette dérive. »

« La manipulation sert les intérêts (…) de ceux qui veulent légitimer leur pouvoir (le gouvernement rwandais) et de ceux qui aimeraient que leurs responsabilités soient édulcorées (les Etats-Unis)."

 

Lire l’article complet sur le blog de monsieur Paul Quilès